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Biographie

As We Draw

As We Draw voit le jour en 2009 après la disparition de Hard Off Hearing, groupe lavallois de Metal/Hardcore. Le trio composé de Pierre, Amaury et Quentin se met vite au travail et enregistre un premier ep du nom de Background / Frontside qui sort en Septembre 2009. Leur route croise ensuite sur scène celles de Parween, The Brutal Deceiver, Totorro, Pigeon , Meleeh, Eryn Non Dae. ou encore Birds In Row. Le trio revient début Décembre 2010 avec sous le bras un premier LP du nom de Lines Breaking Circles, composé à la maison et masterisé outre Atlantique par Alain Douches. En 2011 vient un split avec Euglena + Hexis, et il faudra attendre trois ans avant de voir paraître Mirages, deuxième album, toujours chez Throatruiner Records.

16.5 / 20
3 commentaires (15.17/20).
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Mirages ( 2014 )

Tortueux, c’est le premier mot qui vient à l’écoute de ce dernier As We Draw. Les lavallois ont de nouveau lâché un pavé post-hardcore bien fifou, en tout cas plus qu’auparavant, complexifiant les structures sans toutefois renier l’émotion, celle qui bouillonne et qui ne demande qu’à déborder, un déballage de tripes savoureuses que ce Mirages exécute à merveille.

Fort de deux précédents objets que l’on a particulièrement appréciés ici-même, As We Draw continue d’explorer les méandres de l’esprit et les sales tours que celui-ci peut parfois nous jouer. C’est donc avec un enthousiasme nourri aux satisfactions passées que l’on s’apprête à déguster sévère sur les dix minutes absolument épiques de The Window, sur les textures sonores aliénantes de Fata Morgane ou l’assommoir quasi-indus de Panic. Pas évident de capter tout ce chaos aux premières visites mais il demeure sournoisement au service de l’émotion, à l’image de ce que font les parisiens de Comity ou de ce que faisait feu-Breach, c’est d’autant plus flagrant avec ce deuxième album. Et puis cette voix décharnée, d’une puissance viscérale totalement folle, qui parvient à nous extirper quelques larmes tièdes lorsque la mélodie persiste et saigne (Fata Bromosa, Shipwreck), pour finir sa course dans les limbes désertées, paisibles. La batterie d’Amaury Sauvé (aussi producteur, logique) semble habitée, alternant vigoureusement les plans, histoire de correctement nous défragmenter la nuque. Le rendu des guitares – cinquante nuances de crade – aussi faussement fragiles qu’imprévisibles, est toujours fantastique, tout comme la basse tapageuse et grassouillette, qui termine avec acharnement cette entreprise de destruction organique interne.

Il faudra du temps pour s’imprégner du bouzin, Mirages est clairement plus compliqué d’accès qu’un Lines Breaking Circles, pas moins atmosphérique, mais disons que les atmosphères sont ici bien plus plombées, plus sombres et dérangées. Une fois assimilé, le bestiau dévoile des intentions mélodiques à fleur de peau, hors-normes, impulsées par une densité rythmique éclatante, révélant toujours plus de subtilités à force d’écoutes. L’un des disques majeurs de 2014, cela va de soi.

Mirages en totale écoute et achetable cinq balles sur bandcamp.

A écouter : plein, plein de fois.
16.5 / 20
13 commentaires (15/20).
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Lines Breaking Circles ( 2010 )

Laval, actuellement, tout le petit monde des musiques extrêmes semble en parler, en bien qui plus est. C'est pas banal mais il n'y a dans le fond rien d'anormal à celà tant le power trio local dont il est de nouveau question aujourd'hui a connu une ascenscion en flèche depuis la disparition de Hard Off Hearing. Un EP puis un album en l'espace d'un an et des brouettes, des prestations en compagnie de MeleehUfomammut, ou bien des potes de Birds in Row: tout roule pour As We Draw.

Mais ce n'est pas pour autant une raison valable pour se la jouer facile, surtout au moment de passer la surmultipliée et de s'attaquer de front à ni plus ni moins que Cult of Luna sur ce premier LP.
Un jeune groupe français (de plus) qui part à l'assault à l'ogre suédois ça des allures de plan foireux, je vous l'accorde. Enfin soyons honnêtes, AWD, même s'ils rodent depuis leurs début aux abords du territoire d'un des derniers représentants de la première vague Post-Neurosis, n'a jamais eu la prétention de revendiquer telle folie. Mais, et c'est un fait, les choses sont ainsi. Un point c'est tout. Et l'excellent label Throatruiner Records - qui sort ce premier méfait longue durée - en bon agent de propagation, a fini d'enfoncer le clou faisant des gars d'Umeå et leurs compatriotes de Breach les plus proches parents du petit dernier des lavallois. C'est le jeu de la comm' après tout.

Sauf que pour une fois - pour notre plus  grand plaisir - le commentaire colle avec le propos développé sur la galette qu'il promeut. As We Draw, bien qu'autoproclamé depuis des mois plus enclin à faire toujours plus swinguer son Post Hardcore qu'à chier dans la douleur et les odeurs un copier-coller de Leave me here que tout le monde aura oublié dans deux mois, est clairement de la classe de ceux qui ont compris et pensé un minimum avant de se précipiter à jouer à Postcore Hero. Et qui préfèrent visiblement les vieux bousins Post Hardcore joufflus aux skeuds faméliques que présentent aujourd'hui nombre de représentants du genre. As We Draw veut et donne du sombre, du tortueux, de la montée rampante, du catharthique fracassant (Fault lines, Drowned in flames).
Mais revenons sur le pourquoi et le comment. Pourquoi As We Draw n'est pas un ripp-off comme un autre et, surtout, quel est le mode opératoire?
Parce qu'en définitive de ripp-off il n'y a point. Parce que sur ses influences évidentes, As We Draw rajoute une tonne de fraîcheur maison dans l'exécution plutôt que d'insister à resservir le même vieux bout de bidasse nordique rance piqué chez les grand frères et que tout le monde se refile depuis cinq ans. Ce groupe sait où il va. Si le premier double Ep vous avait enthousiasmé et que ce texte ne vous a pas encore fait lacher un soupir aggacé, ce disque est absolument pour vous. Gardez la base, retranchez Breach (néanmoins présent) substituez y au pif (pas tant que ça en fait) une autre bande de nordiques genre... Lack sur sa bonne période (tant qu'à faire autant prendre la crème de la crème hein), branchez le canal émotion et frissonnez.
Le résultat, sous ses faux airs de classicisme, est ébouriffant. As We Draw déboite la colonne vertébrale du Post Hardcore atmo (la sainte trinité: lent, lourd, cristallin) et lui impose un sérieux tassement de vertèbres, rendant le tout plus compact, plus direct et jouissivement instable. Dense et plombé, Lines Breaking Circles n'en finit pourtant pas de grimper, d'exploser, d'imploser, de bastonner, d'accélérer et de virer de tous bords (au hasard: Shield ou encore Draft). Vocalement toujours perfectibles les titres trouvent pourtant souvent leur salut dans les cordes (vocales) du trio, qui préfère à de maintes reprises le choeur fédérateur à la longue complainte monocorde (Burst of colour ou dès le début de Shame qui ouvre l'album...). Cult of Luna en ligne droite + la descente aux enfers de The Beyond à l'envers et en accéléré Vs. le rock aride et direct de Blues Moderne Danois Explosifs: il y a un peu de tout ça dans ce disque aussi court qu'intense (37 tours de montre au compteur, sans temps mort), et même un peu plus (les choeurs, le dernier tiers très ASIWYFA de Fault Lines ...).

Ceci dit si As We Draw parvient à nous remémorer avec brio ces moments de bravoure de la scène nord européenne du début du siècle, ce premier disque échoue en définitive assez largement au jeu des assiciations. Car dans le fond Lines Breaking Circles n'est aucun de ces disques. Mieux: il ne cherche pas à l'être. Et, s'il n'est honnêtement pas LA révolution dans un genre qui en a bien besoin, il est au moins une superbe démonstration de réapropriation d'un héritage musical aussi confidentiel qu'important. A force de voir des wagons entiers de groupes l'effleurer sans jamais se rendre compte qu'il était à portée de main, ne demandant qu'à voir sa flamme ravivée, on commençait à ne plus y croire. Il y a un an As We Draw craquait l’allumette: voici maintenant venir l'incendie.

Et l'auditeur se voit offrir l'ecoute pour pas un rond (stream+libre download via bandcamp) si jamais sa bourse l’empêche d'acquérir le (bel) objet vinyle. Merci Satan Claus.

A écouter : Aussi souvent qu'il reviendra sous la tête de lecture. C'est à dire souvent..
15.5 / 20
5 commentaires (17.7/20).

Background/Frontside EP ( 2009 )

Hard off Hearing n'est plus. On vous l'apprend peut être en même temps que vous découvrez le nom du groupe et pourtant cela fait déjà plusieurs mois que le décès a été enregistré du coté de Laval. Dans l'absolu ce n'est pas bien grave même si faire un détour par la disco du défunt est tout à fait conseillé. Ceci dit, le groupe qui nous intéresse aujourd'hui n'est pas Hard off Hearing mais As We Draw, son successeur.

Toujours basé dans l'ouest et bien décidé à partir à l'assaut des oreilles de ses voisins le nouveau trio formé par As We Draw remet le couvert dès Septembre à l'occasion d'un Background/Frontside... musclé. Pas de hors d'œuvre puisque Background met directement les pieds dans le plat en claquant Reflection à la gueule d'entrée. On est prévenus. Ca vrombit, ça bondit, ça breake violemment. On a l'impression d'être là en plein sur la frontière improbable entre fusion et Noise Hardcore pure et dure. Pas le temps de réviser notre géographie musicale car l'EP défile donc on va mettre ça sur le compte d'une alliance toute géopolitique entre les deux contrées pour annexer avec facilitée la région du cortex auditif, avec As We Draw à la manœuvre. S'il n'est pas encore Imperator, le groupe est, et vous le savez désormais, loin d'être un antique trouffion de bas étage qui rêverait de grandeur alors que tout ce qui l'attend est une rude correction en première ligne sur le champ de bataille des musiques qui gueulent. Ca se sait, ça se sent et surtout ça s'entend. Car Background/Frontside est un EP très pro avec un son clair et percutant comme il sied si bien à ce genre d'attaques bruyantes et nerveuses. La démonstration vient de nous en être apportée.

Et donc, chez As We Draw, même si on se fait discret, on a une charrette d'idées bien pleine et on va surtout au bout de celles ci en s'en donnant les moyens. De la mise à disposition gratuite de l'EP à la possibilité laissée à chacun de s'imprimer et de se confectionner la pochette à partir de patrons joints à l'archive, à cette volonté manifeste d'allier impact frontal et émotion sans se laisser enfermer dans un style, tout vient confirmer ce sentiment. De Background à Frontside, souvent au sein d'un même titre, AWD envoie sans faiblir et selon un enchainement faussement aléatoire ses banderilles Noise hardcore (On the other side, Reflection), Post Hardcore (This world, In the background, Misery), Postcore (The vision) et façonne son succès à venir, embarquant l'oreille dans un tourbillon sonore sciemment provoqué. Pour brouiller les repères; afin de d'affoler les compteurs et d'emporter la victoire à l'usure. Et ça marche car en plus c'est foutrement rock'n'roll. Ecoute plus que vivement conseillée.
As We Draw nous sort là en huit titres un petit condensé de virulence mené de main de maitre né d'un compromis habile entre atmosphères et lourdeur, entre respirations et bastonnage (From black to grey), le tout agrémenté de riffs intelligents, breaks et autres backing vocals des plus efficaces. Une des belles surprises françaises de la seconde moitié de l'année 2009 à n'en point douter. Cette affaire sent la montée en grade imminente.

Background/Frontside est disponible en libre téléchargement sur le myspace de As We Draw.

A écouter : parce que nos rgions ont du talent.