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Biographie

Aqme

L'histoire d'Aqme commence avec la fin de celle d'un autre groupe : Neurosyndrom. Un nouveau chanteur arrive, un guitariste s'en va et le groupe se rebaptise Aqme en 1999 (acmé signifie l’apogée en grec). Constitué de Thomas au chant, Etienne à la batterie, Sofy à la basse et Ben à la guitare, le groupe enregistre un cinq titres en deux jours qui sera réédité avec trois titres supplémentaires : University Of Nowhere. Aqme est aussi actif au sein du collectif Nowhere aux côtés de Pleymo, Enhancer,Noisy Fate et Wunjo.

Le groupe se stabilise avec l’arrivée de Charlotte pour tenir la quatre cordes. Ils partent alors en Suède pour enregistrer leur premier album en compagnie de Daniel Bergstand (Meshuggah, In Flames). Sombres Efforts sort en 2002 et lance véritablement la carrière d’Aqme. Ils signent chez At(h)ome et entament une grande tournée en profitant de l’effet Team Nowhere ainsi que des groupes confirmés de la scène française tels Mass Hysteria, Lofofora et Watcha. Le travail reprend assez rapidement et Polaroïds And Pornographie arrive dans les bacs en 2004, confirmant l’identité que le groupe s’est créée depuis ses débuts, adoptant un son bien à lui. Cette période correspond également à l’annonce de leur retrait de la Team Nowhere, désireux d’obtenir plus d’indépendance et de ne pas devoir s’expliquer sur les choix de leurs camarades.

Aqme est le groupe qui monte, remplissant petit à petit les salles de concert et se retrouvant à l’affiche de plusieurs festivals de renom (Eurockéennes de Belfort, Dour Festival…). La bande décide de continuer de plus belle et d’enchaîner directement avec la composition d’un troisième album. Ils changent cependant leurs habitudes en choisissant d’enregistrer La Fin Des Temps à Paris et cette fois avec l’aide de Steve Prestage (Black Sabbath, De Palmas). Il débarque seulement un an et demi après et montre des compositions plus épaisses, mais aussi plus travaillées et expérimentées (morceaux très longs, apparition de soli). Aqme veut évoluer, découvrir de nouveaux horizons tout en gardant leur identité et gagne en maturité. Ils participent également en 2005 à l’album Alice&June d'Indochine, grâce au morceau Aujourd’hui Je Pleure qu’ils ont composé et interprété en studio (et parfois sur scène) avec le groupe de Nicolas Sirkis. Un cd/dvd live sobrement intitulé Live(s) sort en 2006, enregistré à Bruxelles ainsi qu’à Nantes.

2007 est le symbole d’une petite pause pour le quartet, qui sera surtout l’occasion pour eux de se concentrer sur leurs side-projects respectifs : le Grindcore de Grymt pour Etienne, la douceur de Vicki Vale pour Thomas et le Stoner de Die On Monday pour Ben. Ils se remettent ensuite à la composition et entament un retour aux sources en Suède pour retrouver Daniel Bergstand. Hérésie sort en février 2008 et se démarque par un violence plus primaire qui contraste avec les sonorités de son prédécesseur. En novembre, les fans apprennent avec stupeur le départ de Ben, préférant se consacrer à Die On Monday. Aqme ne s’arrête pas pour autant et annonce la sortie d’un cinquième opus (En L'Honneur De Jupiter) qui dévoile de nouvelles orientations musicales pour fin 2009, Ben étant remplacé par Julien Hekking (Lazy, Grymt).

Un sixième album voit le jour trois ans plus tard intitulé Epithète, Dominion, Epitaphe qui se trouve être la dernière participation de Thomas au projet. Vincent Peignart-Mancini (The Butcher's Rodeo) prend sa place lors de la tournée consécutive à la sortie de l'album et il enregistre avec Aqme un ep nommé Les Sentiers De L'Aube composé de trois titres inédits et de trois titres live. C'est fin 2014 qu'Aqme sort son nouvel opus, Dévisager Dieu, toujours en coopération avec At(h)ome.

12.5 / 20
15 commentaires (14.93/20).
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Devisager Dieu ( 2014 )

Deux ans après Epithète, Dominion, Epitaphe, c'est au tour de Vincent de prendre le relais voix. L'objectif est donc double pour le nouveau chanteur : faire enfin ses preuves en studio avec Aqme, mais aussi succéder à la très bonne et dernière performance de Thomas qui portait l'album vers de nouvelles cimes. Dévisager Dieu, c'est son nom, arrive donc fin 2014 toujours dans la même crèmerie At(h)ome.

La chose qui marque dès les premières secondes d'Avant Le Jour, c'est que l'album semble reprendre exactement là ou s'était arrêté le groupe après en En L'Honneur De Jupiter, vocalement comme musicalement. La voix de Vincent est troublante. Elle ressemble à s'y méprendre à celle de Thomas à quelques nuances près, que ce soit dans les hurlements ou dans le chant clair. Les fans ne seront donc pas déboussolés, mais il y a bel et bien un problème. La premier, c'est de se réhabituer à un chant clair, certes maîtrisé, mais qui était très largement moins présent sur Epithète, Dominion, Epitaphe et qui en faisait toute sa force. Donc oui, des passages niais on en trouve sur Enfants De Dieu ou sur L'Homme Et Le Sablier qui tranchent avec les phases violentes. Le lyrisme dont fait preuve le frontman (Pour Le Meilleur Et Pour Le Pire) n'est pas des plus adaptés et retombe dans les travers de qu'on décriait chez Aqme autrefois. Pas de quoi être dégoûté par la production heureusement, mais ça bloque par instant. 

Le second problème vient du fait que Vincent chante comme Thomas, reprenne exactement les codes d'Aqme en le faisant heureusement très bien. La mimétique est impeccable, mais il y avait sans doute moyen d'apporter une patte un peu plus personnelle, sortir du cadre et de la copie conforme à l'ancien chanteur. Bref, apporter un souffle nouveau, porter le quatuor vers de nouvelles directions. Sans leurs demander de faire du Black Metal expérimental et de changer complètement la donne, un changement de line-up est aussi là pour une nouvelle orientation musicale, ce que Aqme a toujours fait depuis ses débuts, notamment sur En L'Honneur De Jupiter lorsque Julien remplaçait Ben. Mais ici, ce n'est pas le cas et ça compte au rayon des déceptions.

Le constat pourrait être similaire musicalement car peu d'évolutions sont à noter depuis deux disques, mais Aqme réussi toujours à être efficace dans son approche désormais signée et confirmée d'un Metal / Hardcore lourd et évolutif. Il faut dire que l'on mange ses dents sur le riffing d'Avant Le Jour, et que l'urgence sur Enfants De Dieu est palpable. Niveau songwriting le groupe prouve qu'il en a dans le pantalon, avec un paquet de riffs costaux (Ce Que Nous Sommes), une rage et une mélancolie qui se côtoient (« Quand les mots ne veulent plus rien dire, quand même le silence crache un soupir, conséquent de pauvres martyrs, se plaignent constamment. Ne respire plus! Ne respire – plus! » sur Un Appel) et un apport rythmique implacable. En dehors de Pour Le Meilleur Et Pour Le Pire qui possède quant à lui un feeling Rockin' Hardcore différent,  quarante minutes du nouveau cru d'Aqme c'est surtout neuf titres solides et toujours une dualité entre violence et mélodies à fleur de peau, ce que nous rappelle constamment la pochette aux teintes bleu et rouge.

Il n'empêche que Dévisager Dieu est un album quelque peu timide, qui oublie d'évoluer et qui n'apporte pas grand chose de neuf depuis deux disques. Une sortie pour rassurer les fans peut-être, plutôt bonne il ne faut pas le nier, qui pâtie parfois de son chant clair et qui manque aussi de nouveauté. A considérer comme une transition dans une carrière qui commence à être plutôt impressionnante. Maintenant, on attend le vrai changement.

15.5 / 20
13 commentaires (16.31/20).
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Epithète, Dominion, Epitaphe ( 2012 )

Epithète Dominion Epitaphe est le dernier album avec Thomas au chant. Un album sous la forme d'un testament, dans lequel on trouve beaucoup de bonnes choses qui prouvent définitivement que le groupe n'est plus le même que celui de ses jeunes années.

A vrai dire on le savait déjà depuis En L'Honneur De Jupiter, même si les éternels dubitatifs, qui n'écoutent sans doute plus vraiment le groupe, continuent de le juger comme une formation adolescente. Du problème de l'image, ou plutôt des préjugés. Car un réel pas a été franchis avec cette nouvelle création qui se révèle être la sortie la plus violente d'Aqme. C'est bien le chant de Thomas qui mène la danse et a certainement influencé ses compagnons de jeu. Le chant clair n'est plus qu'un vague souvenir même s'il est encore très légèrement présent par touches ici ou là (Epithète Dominion Epitaphe, My English Is Pretty Bad) car le chanteur, la rage aux lèvres « j'aimerais trancher ta gorge pour m'assurer que tu peux encore saigner, te dépecer pour voir qui tu es vraiment », livre là une prestation impressionnante dont on ne l'aurait jamais cru capable. Je l'avais souhaité sur En L'Honneur De Jupiter, voilà désormais chose faite. Le growl fait vraiment mal, décuple la puissance des morceaux. En parfait chant du cygne, l'on sent que Thomas se livre comme jamais, quitte à laisser du sang sur le carreau lorsque les hurlements vont droit au cœur (Luxe Assassin). Même les variations plus légères sonnent mieux et les textes sont aussi plus sombres, matures et donc moins naïfs que dans nos souvenirs.

Ainsi, tous ces efforts se ressentent sur ces onze compositions car l'écriture s'est largement complexifiée, certainement poussée par le guitariste Julien. Si d'entrée de jeu ça tape sévèrement sans trop poser de questions avec une prod en béton armée (Idiologie, Quel Que Soit Le Prométhéen (Ou Le Nihiliste)), merci Magnus Lindberg (Cult Of Luna), il faut surtout comprendre qu'Aqme officie désormais dans un registre Metal / Hardcore moderne et opère certaines digressions qu'on n'aurait jamais pensé possible. En fait, à part Plus Tard vs.Trop Tard qui demeure le titre le plus accessible de l'opus, et qui aurait pu figurer sur d'anciennes productions, le reste propose un son lourd et intense qu'on n'était pas habitué à voir chez Aqme comme sur la fin haineuse de Luxe Assassin qui laisse clairement sur le cul, ou bien les influences presque Black Metal de La Dialectique Des PossédésEpithète Dominion Epitaphe est donc axé sur une autre dynamique, bien plus mature et extrême à la fois, avec un patchwork d'idées qui collent finalement très bien à l'univers d'Aqme comme le très Death'n roll (My English Is Pretty Bad) au final crado avec Junior Rodriguez (Darkness Dynamite) et Stéphane Buriez (Loudblast), les soli Heavy de Julien (Marketing Armageddon), les lignes mélodies de Adieu! ou les alternances d'ambiances brutales ou plus posées sur L'Empire Des Jours Semblables.

On tient là probablement le meilleur album d'Aqme à ce jour. C'est avec tristesse que l'on voit Thomas quitter le groupe, mais cela rend sa dernière prestation d'autant forte. On se souviendra donc qu'un chapitre de l'histoire d'Aqme se clôt avec brio et l'on souhaite la bienvenue de Vincent Peignart-Mancini qui a la lourde tâche de succéder à ce disque.

13 / 20
20 commentaires (15.35/20).
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En L'Honneur De Jupiter ( 2009 )

Peu de temps s'est écoulé depuis Hérésie, mais en un an et demi un changement majeur s'est effectué au sein d'Aqme. Le groupe qui avait un des line-up les plus stables de la scène française voit finalement le départ de Ben, le guitariste, fin 2008. Il est alors remplacé par Julien (Lazy, Grymt), si bien qu'En L'Honneur De Jupiter est assez différent de ce qu'a pu produire Aqme au fil des années, même si l'on retrouve encore une fois encore leur favori, Daniel Bergstand, aux commandes.

En effet, l'écoute de ces quatorze titres pointe une chose, le jeu de guitare de Julien apporte du sang neuf aux compositions du groupe. Exit une bonne partie des riffs simplistes (mais qui étaient quand même efficaces) de Ben, ici le son s'est densifié, amélioré et a été d'avantage travaillé, créant parfois des atmosphères étonnantes qu'on n'était pas habitué à entendre pour le combo. Plus profond et intéressant, les climats se font pesants ou torturés (Le Chaos), avec des alternances de plages planantes ou alourdies (Blasphème), ainsi que des passages plus classiques mais qui envoient la purée (Les Matamores, Macabre Moderne). Le moins que l'on puisse dire c'est qu'Aqme s'est renouvelé et la diversité qui anime En L'Honneur De Jupiter d'un point de vue musical créé un net rempart avec la linéarité d'Hérésie.

Cet opus est toujours marqué par un Metal qui se veut la confrontation entre la lumière et les ombres, chose bien mieux rendue autant dans les mélodies que dans les rythmiques au poil qui varient tempi rapides, breaks et groove plus posé, le domaine de prédilection d'Etienne étant quand il se lâche pleinement sur la double (Macabre Moderne). La violence est également mieux maitrisée, portée à vif sur Question De Violence, ou latente sur Noël Noir sans qu'il n'y aie véritablement de titre qui se détache plus qu'un autre, ce qui en fait peut-être le disque le plus mature et le plus homogène d'Aqme à ce jour. Pour une fois dans la carrière des français, on a l'impression qu'ils maitrisent mieux leur affaire. Le fait que les membres du groupe se soient chacun réalisés dans des groupes différents (Lazy, Grymt, Vicky Vale) n'est sans doute pas anodin. Justement, Thomas a progressé au chant grave : quant il hausse le ton on le sens plus assuré que par le passé, plus ferme dans sa voix, ce qui manquait cruellement sur les précédents disques.

Malheureusement En L'Honneur De Jupiter n'est pas exempt de défauts et ne manquera pas de faire l'impasse sur les thèmes chers au groupe avec des titres oscillant entre le bon (Guillotine) mais aussi le cliché (Tout Le Monde Est Malheureux). Point noir également sur le chant clair de Thomas qui devient franchement agaçant sur certains morceaux (Stadium Complex), voir carrément insupportable à d'autres (Vivre À Nouveau) plombant des titres rien que par sa présence. Dommage.

Si musicalement l'arrivée de Julien n'avait pas redonné un coup de fouet au groupe, cette nouvelle galette d'Aqme serait certainement à passer aux oubliettes. Au lieu de cela, si l'on est pas trop regardant sur les paroles, et de toute manière il semble acquit que les français ne brilleront jamais pour leurs lyrics, En L'Honneur De Jupiter est une agréable surprise. Pas de quoi s'extasier non plus, mais l'on sent l'ensemble mieux façonné, même s'il reste encore des choses à rectifier notamment sur le fait que Thomas ne devrait plus chanter en clair ou presque.

A écouter : Guillotine, Macabre Moderne, Blasphme
8 / 20
47 commentaires (12.68/20).
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Hérésie ( 2008 )

Trois ans après La Fin Des Temps et après avoir été sillonner toute la France de concerts en concerts pendant plus de deux ans, dont l’enregistrement de Live(s) en 2006, Aqme revient en ce début d’année avec son nouvel album Hérésie. La question était de savoir si oui ou non ils allaient poursuivre dans un metal teinté de rock stoner suite à La Fin Des Temps ou bien continuer sur une nouvelle voie.

La réponse est définitivement non. Les riffs aux sonorités stoner ont complètement disparu. Ceux plus lents et permettant d’installer et de créer des ambiances plus posées et lancinantes également. Non, ici Aqme rentre directement dans le lard (hormis Hérésie et son intro quelque peu dissonante) les riffs sont lourds, pesants et le duo guitare / basse n’a décidément plus rien à voir. L’ambiance y est plombée (Uniformes) et bien plus dense que ce le groupe a pu faire auparavant. Même Romance Mathématique commençant tel une balade innocente fini en un déluge sonore et coupe légèrement avec l’unité du disque. Cependant on entrevoit assez rapidement la limite de leur son. Les mélodies sont peu présentes et les riffs ne se distinguent pas de la masse sonore, si bien qu’une certaine monotonie s’installe au bout de quelques morceaux. Un bloc de béton mais qui laisse malheureusement bien vite entrevoir ses défauts et son manque d’inspiration flagrant (Casser/Détruire, Utilisation De La Synthèse Additive). La voix de Koma semble également changée notamment sur les parties claires mais parait faussée voir inadaptée sur certains morceaux (Karma Et Nicotine, Les Enfers). Les paroles restent cependant fidèles à l’esprit d’Aqme à savoir sombres et torturées avec des thèmes aussi variés que la solitude, l’amour, la religion… Heureusement la batterie sauve le tout de break bien sentis d’une diversité et d'une technique plus qu’appréciables. Mais ceci ne suffit pas à redresser la barre et la qualité d’un album décidément bien faible, plat et sans grande originalité.

Véritable choix ou non d’avoir fait un album plus rentre dedans, globalement plus sombre et massif ou tout simplement en perte d’inspiration, il n'en demeure pas moins que ce dernier album d’Aqme reste une déception sur pas mal de points. En espérant qu’il passe finalement bien en live.

A écouter : Uniformes, Romance Mathmatique, Karma Et Nicotine.
16 / 20
65 commentaires (11.14/20).
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La Fin Des Temps ( 2005 )

La Fin Des TempsAqme s’improviseraient-t-ils prophètes apocalyptiques ? Considérations bien superflues à l’écoute de ce dernier opus. Au delà de toutes divination se dresse un simple constat : Aqme reste Aqme tout en expérimentant et s’aventurant sur des versants de plus en plus hasardeux. Les bases restent identiques, leur pop rock aux aspirations néo métal demeure le bloc essentiel de leur identité. Le ton plus léger de Polaroïds & Pornographie se dissipe au profit d’un retour à un visage plus noir et hargneux. En ce sens La Fin Des Temps s’offre des allures de Sombres Efforts, jeunesse et maladresse en moins. Ténèbres entame la danse sans vraiment surprendre, les amateurs se régaleront, les autres passeront leur chemin. Des Illusions ou Une Vie pour Rien creuse le sillon et quelques nuances viennent éclairer l’obscur tableau : la basse délaisse la distorsion pour s’aménager une énergie plus souple, moins agressive tandis que l’électrique s’affranchit de ses habituels riffs pour s’armer de solos et de parties bien plus aériennes. Pour ce qui est du chant, Koma semble avoir trouvé une forme d’équilibre avec sa voix l’arrachant, de temps à autre, à de douces mélodies pour affronter des lignes vocales franchement violentes. Côté production, l’ensemble sonne bien moins lisse et propre que ce à quoi le groupe nous avait habitué ; les morceaux en sont d’autant plus puissants et captivants .

Mais ce sont pourtant les compositions plus innovantes qui ont fixé mon attention. Aqme déserte quelques minutes leurs eaux pour construire des morceaux plus denses, étirés, laissant une place non négligeable aux atmosphères et ambiances. Ainsi Soit-Il s’inscrit dans cette orientation qui déroutera plus d’un averti. Loin de patauger dans un marécage instrumental, le groupe parvient à planter des décors où se mêle souffre et acidité sans succomber sous le joug de l’ennui. La rythmique y est pour beaucoup : les teintes développées par la batterie sont bien plus riches et multiples que sur les précédents opus, la simplicité se laissant entraîner par des montées musclées et de nombreux breaks, parfois utilisés à outrance (Pas Assez Loin). Rien au monde reprends en main les mêmes cartes, avec un peu moins de pertinence mais c’est vraiment avec La Belle Inconnue qu’Aqme abat le plus de frontières. Difficile par instant de réellement identifier le groupe tant il s’éloigne de leur territoire habituel, la brutalité des dernières secondes (sur fond de double pédales) n’en est que plus jouissive.

Aqme ne quitte pas totalement sa galaxie et livre son lot de refrains accrocheurs qui ne mettront pas bien longtemps à se fixer aux neurones des plus récalcitrants. Pas Assez Loin, single judicieusement choisit, ramène nos esprits à des terres plus familières en rivalisant d’efficacité et de séduction. La révolution est donc peut être entamée, mais pas encore consommée. Finalement, nul besoin d’être devin pour partager la vision auditive de cette Fin Des Temps, agréablement contrasté et maîtrisé. L’album laisse pourtant un léger parfum d’inachevé, on ne peut qu’espérer que le groupe pousse encore un peu plus loin son ouverture sur d’autres horizons sonores pour conquérir et enrichir son identité.

A écouter : La Belle Inconnue, Pas Assez Loin, Tnbres...
15 / 20
48 commentaires (13.26/20).
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Polaroïds & Pornographie ( 2004 )

Après, il faut que j’en convienne, l’assez tiède Sombres efforts (album inégal pourtant en proie à un important phénomène médiatique et quelque peu « teenage ») je n’attendais pas nécessairement grand chose d’Aqme. Je n’attaques donc pas forcément le dernier rejeton avec un enthousiasme sans bornes et ce n’est pas la première bouchée qui amorcera une quelconque forme de machine arrière. Entraînant tout au plus Pornographie n’est qu’un titre franchement néo et n’apporte pas énormément … on l’efface rapidement, la suite du parcours étant bien plus réjouissante. Car Aqme a évolué et même si cela demeure assez flou sur l’entrée en matière Chaque seconde devrait suffir à en convaincre plus d’un. Plus léger, plus aérien, plus pop, à la fois plus simple et plus subtil mais surtout (et c’est tout de même l’essentiel) plus séduisant. L’efficacité prime, ça frappe les tympans : rythme accrocheur, refrain lancinant qui s’inscrit dans la mémoire et semble indélébile et guitare qui ne conserve son agressivité mais se révèle seulement au moment voulu désertant par ailleurs la pellicule sonore. Relativiser est nécessaire … Chaque seconde est peut-être « trop » formaté, single idéal et au vu de l’ensemble demeure très efficace mais moins personnel que d’autre titres.
Distingué ou se situe l’évolution dans le cadrage actuel du groupe n’est pas évident … Tes mots me manquent, Comprendre ou encore Etre et ne pas être suivent la ligne du tirage précédant et maintiennent un ton sombre tout en paraissant plus clair musicalement, plus savoureux. Le groupe a mûri et offre un panorama bien plus varié de son univers. On les surprends à dispenser des notes et des mots bien plus optimistes qu’à l’accoutumée. Difficile de résister aux charmes de La théorie du poisson rouge : la dimension pop explose au travers de guitares aguicheuses et d’une mélodie moins « marécageuse » que sur des morceaux comme Vampire (qui demeure un titre à la montée en puissance jouissive). Ce visage d’une douceur mieux contrôlée réapparaît dans les dernières prises avec La vie est belle qui montre un talent appréciable dans le domaine des compositions épurées où la traditionnelle structure couplet/refrain laisse place à une sorte d’exercice libre touchant.
Mais Aqme revient également à ses premiers essais rageurs … le très acide La réponse, en plus d’offrir une conclusion en bon et dû forme, démontre une capacité à aligner rapidité, lignes de basse hallucinantes et hurlement bien sales (je ne les en croyais plus vraiment capables … j’adore me tromper). Ce que tu es pourrait presque avoir un petit côté punko-quelque chose sur le refrain, après tout qu’importe, la rythme se fait bien plus rapide et le registre plutôt inhabituel pour le groupe, ce qui ne manque pas d’apporter un relief certain à l’ensemble des « clichés » de ce Polaroïds and pornographie.
Pour les éternels insatisfaits, la première édition est limitée avec en prime un second disque contenant un inédit intéressant (Automédication) ainsi que 5 titres lives enregistrés aux Eurockéennes qui offre une mise en bouche flatteuse des prestations scéniques du groupe. La surprise n’est pas nécessairement là où l’attend (les surprises de nos jours ne sont plus ce qu’elles étaient …), Aqme en fait la preuve en me prenant réellement à contre-pied et je le répète : j’adore me tromper …

A écouter : Chaque seconde, Ce que tu es, La r
12.5 / 20
44 commentaires (14.77/20).
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Sombres Efforts ( 2002 )

Voilà le tant attendu Sombres Efforts de Aqme, souvent décrié pour la qualité sonore de leur premier skeud les voilà avec un album de 11 titres et une production digne de ce nom avec tout simplement Daniel Bergstrand (Shovel, Meshuggah) aux manettes.
Alors que vaut ce nouveau Aqme ? Difficile de répondre simplement à cette question car mon avis est mitigé, Aqme offre en effet deux sortes de morceaux sur cet album. D'un coté des pistes qui me soufflent complètement comme Je Suis et d'autre qu'on écoutera d'une oreille distraire à cause de leur insipidité.
On va démarrer par le bon, Superstar, " Si " n'existe pas, Le Rouge et le Noir, Instable, Je Suis et Delicate et Saine, tous dans une veine très pop-rock tout en restant métal, une voix posé comme l'est la zic mais qui n'hésiteront pas tout deux à devenir furieux sur certains passages. Et ce sont ces 5 pistes qui justifieront le titre de la galette, premièrement grâce à des textes aux thèmes très noirs, et deuxièmement avec les mélodies et les ambiances crées qui collent parfaitement à la voix (Koma à en effet fait de gros progrès depuis leurs 5 titres, proche parfois de celle de Scooter Ward). Je suis, par exemple, est la parfaite illustration du coté obscur de cette album (mais qui est pour une fois le bon coté…), alliage de néo Kornien (dernière période) avec des tonalité pop Staindienne (frappante sur les premières secondes) mené sur des textes simples mais efficaces.
On sera par contre déçu par le reste de l'album, ni bon ni mauvais mais incroyablement lisse, rien qui nous fera monter le son de notre chaîne ou nous faire tendre l'oreille plus de 5 secondes, insipide est le terme mais difficile d'utiliser ce terme après les 2, 3 perles que le groupe nous à offert. Même Sainte, déjà présent sur University Of Nowhere ne changera pas notre avis, beaucoup de choses sembles déjà entendues et reste dans des stéréotypes musicaux sans grand effet sur nos tympans.

Voilà, difficile de donner un avis global sur ce CD, une moitié de l'album brillante ternie par la banalité de pistes sans goût et sans âme souvent similaire de l'autre moitié. Malgré cela Sombres Effort reste un bon skeud et on éspére que le groupe continuera son chemin musical dans les traces de morceaux comme Je Suis ou "Si" n'existe pas .

A écouter : Je Suis - "Si" n'existe pas - Superstar
15.5 / 20
15 commentaires (13.73/20).
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University Of Nowhere ( 1999 )

Avant d'avoir cet album entre les mains je pensais que la Nowhere ne comptait dans ses rangs que des groupes oeuvrant dans la fusion rap-métal ; je suis heureux de m'être trompé !
Il ne suffit que de quelques secondes pour réaliser qu'on a affaire à un groupe puissant et original. Le groupe mêle de lourdes guitares, une basse mise en évidence lors des passages mélodiques, un chant tantôt agressif tantôt magnifique, des textes torturés, une batterie rythmant le tout . et là l'alchimie opère, les morceaux séduisent et on se retrouve comme hypnotisé par une musique chargée à bloc en émotions (Encore une fois, A jamais). Le groupe sait se faire violent, comme en témoigne le brutal Words (seul morceau chanté en anglais) avec sa ligne de basse groove et son refrain dévastateur, comme il sait se faire calme et apaisant (le magnifique Bulmas). Une des perles de l'album est Beauté vénéneuse ou Franklin, chanteur de Noisy Fate, vient prêter main forte pour un ballai vocal tout en douceur jusqu'à la conclusion rageuse du morceau (un grand moment ! ). Si il y a une chanson d'Aqme qu'on se doit d'écouter (ou d'avoir écouté) c'est sans sans doute Sainte ; ce morceau est énorme : riffs efficaces et refrain imparable (ou le chant va chercher dans un registre plus aigu) sont au rendez-vous ! Par contre, le morceau T.N est une semi-déception ; sans être mauvais il sonne un peu trop rap-métal, ce qui est sans doute du à la présence de Kemar de Pleymo et de Bill d'Enhancer, et manque un peu d'originalité.
Le disque contient aussi une piste multimédia avec les paroles ainsi qu'une vidéo de l'enregistrement de T.N en studio.
Aqme frappe là ou ça fait mal avec ce premier album au son si mélancolique qui pourtant vous arrachera à coup sûr un sourire de bonheur (quand on pense qu'ils préparent leur second opus, ça fait frémir).

A écouter : A jamais, Words, Beaut