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Biographie

Anubis Gate

Anubis Gate se forme en 2003 au Danemark alors que les membres d'origine se connaissent déjà tous depuis longtemps. Jesper Jensen, Morten Sørensen, et Torben Askholm, le trio initial, embauchent comme musiciens additionnels Henrick Fevre à la basse et Kim Olesen aux guitares sans que ces deux derniers n'intègrent officiellement le projet. Ensemble, ils sortent Purification en 2004. Finalement, les deux électrons libres rejoignent Anubis Gate en 2005. Le quintet publiera A Perfect Forever en septembre 2005. Juste après sa sortie, le chanteur Torben Askholm quitte la bande.

Les premiers concerts datent de cette époque et sont assurés en quatuor, Henrick Fevre assurant le chant en plus de ses parties de basse. En 2006, le producteur Jacob Hansen est recruté en tant que chanteur. Andromeda Unchained est commercialisé en 2007. Tout en gardant une base Power-Metal, l'album se veut plus progressif que les deux premiers, notamment par la présence d'un scénario. Un peu moins de deux ans plus tard, Anubis Gate sort The Detached au printemps 2009, avec le même line-up et les mêmes intensions musicales. Il s'agit à nouveau d'un concept-album et le son du groupe est de plus en plus technique et précis.

En 2011, alors que le cinquième album est en cours d'écriture, le chanteur Jacob Hansen annonce qu'il quitte le groupe. Il restera producteur des prochains disques. Comme en 2005, c'est à nouveau Henrick Fevre qui reprend le rôle de chanteur principal : le groupe redevient le même quatuor que lors de ces premiers concerts (Anubis Gate n'en fait d'ailleurs qu'une petite poignée, et parfois aucun concert n'est joué entre deux albums).
Le cinquième album, éponyme, voit le jour fin 2011. Toujours progressif, mais plus mature, réfléchi, moins Power-Metal, il incorpore une dimension nostalgique à la musique du groupe, qui se charge en émotions.

Deux membres fondateurs arrêtent l'aventure en 2012. Jesper Jensen est remplacé à la guitare par Michael Bodin (Third Eye), alors que le batteur Morten Sørensen laisse sa place à son homonyme Morten G. Sørensen (Pyramaze).
Au printemps 2013, le groupe annonce travailler sur un sixième album avec ce nouveau line-up. L'album doit s'appeler Horizons et sortir fin-2013. Finalement, l'album est retardé, mais le 31 octobre 2013, le groupe propose le téléchargement gratuit de leur premier EP, Sheep (toujours disponible ici). Il contient entre autres deux reprises : Sheep de Pink Floyd et Broken Wings de Mr. Mister.
L'album Horizons est sorti le 15 avril 2014. Sa forte composante émotionnelle est dans la lignée d'Anubis Gate.

Chronique

13.5 / 20
1 commentaire (13.5/20).
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Covered In Black ( 2017 )

Anubis Gate fait partie de ces groupes infaillibles, qui ont jusqu’à présent défini comment la facette mélodique du Metal Prog devrait sonner. Alignant les albums sans-faute, repoussant la complexité pour délivrer des morceaux intégralement efficaces, à la technique indéniable mais pas imposée. Cette virtuosité toute en suggestion, les mélodies prenantes, et l’émotion des chanteurs successifs (surtout les deux derniers) ont su donner aux Danois des lettres de noblesse largement méritées. C’est donc plein d’attente mais relativement confiant qu’on attaque l’écoute de Covered In Black, le septième album du groupe.
 
Autant dire que cette confiance va très vite s’ébranler, en moins d’une écoute complète.
 
Le combo avait prévenu : sans être un concept-album, l’opus est articulé autour d’un thème : la noirceur. L’aspect sombre du genre humain qui pousse certaines et certains dans les derniers retranchements animaux dont notre espèce est capable. Un disque qui aborde la dépression, les tueurs, les psychotiques, et tout un tas d’autres joyeusetés. Bien entendu, la musique d’Anubis Gate s’en retrouve impactée, elle aussi plus obscure que jamais. Sans s’être transformé en un groupe de Black dissonant, le quatuor a franchement assombri son jeu, et ce sur la quasi-intégralité de Covered In Black. Si on s’en trouve déconcerté au début (dès l’intro de Psychotopia, on a l’impression de s’être trompé de disque : le riffing syncopé fait presque penser à du Fear Factory, jusqu’à ce que la voix d’Henrik Fevre nous redonne quelques repères), on finit par se rendre compte que derrière ce masque de boue et de sang séchés, se cache bel et bien Anubis Gate. Les mélodies sont là, toujours accrocheuses mais discrètes, techniques mais fluides, tout est simplement plus lugubre, l’ensemble sonne plus brut, plus acéré, moins concilient à se laisser dompter. Parfois même, cette évolution semble forcée, comme si le groupe s’était absolument mis en tête d’avoir cette approche plus dure, quitte à le faire un peu maladroitement par moment (lorsqu’on semble enfin comprendre où va The New-Delhi Assassination elle transite abruptement sur The Combat, Too Much Time contient (ironiquement) des longueurs inutiles, le refrain de The Combat semble mal tomber, comme si chacun jouait dans une métrique différente). Il est quand même force d’admettre que la plupart du temps, cette nouvelle tournure est bien emmenée et contrôlée (Psychotopia avec ses cordes, notamment), mais l’exercice n’en reste pas moins déstabilisant. Les musiciens ont aussi ajouté des influences moyen-orientales dans les bien nommées The New-Delhi Assassination et Operation Cairo, qui se conjuguent étrangement avec l’ambiance noire de l’album, ajoutant à la confusion générale. Quant à la triplette Black, Blacker, Blackest, qu’on attend comme des pièces maîtresses de cette livraison, on ne retiendra que la première piste pour son côté franc et direct ; les deux suivantes s’embourbant dans la mélancolie et diminuant l’impact de ces morceaux qu’on aurait souhaité plus emblématiques de Covered In Black.
 
Au chant, Henrik Fevre s’en sort étrangement à la fois mieux et moins bien qu’auparavant (pour rappel, le bassiste-chanteur ne s’occupait que de la quatre-cordes jusqu’à 2011 et a très agréablement surpris par ses capacités vocales sur Anubis Gate et Horizons). On notera à la fois une grande maîtrise de ses montées aiguës (le refrain de Blackest, le pont au trois-quarts de Operation Cairo, les couplets de The New-Delhi Assassination) mais aussi des prises de risques vers un chant légèrement plus hargneux, crié (Too Much Time). Malheureusement, on aura aussi du mal à excuser certaines fébrilités (le « in vain » du premier couplet de A Journey To Nowhere, l’intro de Blackest). Au final, ce chant est à l’image de l’album : reconnaissable mais poussé hors de sa zone de confort, offrant quelque chose de nouveau, de plus sombre qu’à l’accoutumée, parfois au prix de tâtonnements hasardeux mais globalement réussis et intéressants, après un temps d’accoutumance.
 
Anubis Gate livre ainsi, et pour la première fois, un album qui n’est « que » bon. S’il existait bien un groupe qui n’avait pas besoin d’expérimenter tant leur recette faisait systématiquement mouche, c’était eux. Tenter de nouvelles choses est forcément tout à leur honneur, d’autant plus que la couche de cendres qui enveloppe Covered In Black est un ajout relativement réussi. Mais on remarque les défauts d’autant plus que les précédents opus étaient parfaits, on ne peut s’empêcher d’être inconsciemment réfractaire à ce changement tant les albums passés étaient irréprochables dans le style « Prog simple et émotif ». Avec ce nouveau cru, les Danois perdent un peu de cet aspect « facile d’accès en restant Prog » à cause de la noirceur de l’album. A recommander pour les fans d’Evergrey par exemple, mais pour les afficionados de Prog moins « dark » (Queensrÿche ou de Fates Warning par exemple), tentez plutôt votre chance sur Anubis Gate ou Horizons.

A écouter : Psychotopia, Black, The Combat, A Journey To Nowhere