Yorke, vous connaissez forcement ce patronyme. Tom, son groupe Radiohead, véritable institution du Rock indépendant, qui depuis près de quinze ans se renouvelle et innove jusqu'à transformer chaque nouvel opus en classique. Et bien, vous apprendrez peut-être qu'il existe aussi Andy, le petit frère, chanteur et compositeur du groupe Unbelievable Truth, qui connut son heure de gloire dans le milieu Pop vers la fin des 90's. Revoilà donc le frangin pour un premier album solo, presque inespéré et plein d'attentes.
C'est sans tapage, dans une humilité qui l'a toujours caractérisé qu'Andy revient aux affaires en cette année 2008. Ainsi, le titre de cet effort paraît des plus pertinent, Simple, simple comme une musique sans artifice, belle et touchante, qui se suffit à elle-même. Le petit univers Poppy présent ici, n'est toutefois pas étranger, la perle Almost Here (premier Unbelievable Truth) ressurgit, et ces douze titres font véritablement office de machine à remonter le temps. On se laisse donc porté, comme naguère, par ces arpèges voluptueux et ces douces mélodies, tantôt rythmés, tantôt monocordes car si rien n'est révolutionnaire ici, le londonien se plait à évoluer dans ce style où il a déjà excellé.
D'autres artistes comme Johnathan Rice ou Tom McRae l'ont désormais rejoint, mais les « Rise and Fall » ou « Surrender » font toujours autant mouche dans cet univers maintenant bien plus riche. On crierait au génie si ces titres ne rappelaient pas « Settle Down » ou « Almost Here » ; au final le groupe d'époque quasiment reformé aujourd'hui. Car porté par cette douce voix mélancolique et familière, les backings et la batterie de Nigel Powell, la basse de Jason Moulster et ces textes simples mais touchant - « Mathilda » - comme un titre disque, le résultat est sans appel, et la qualité se substitue à l'innovation. Ce tableau enclin à ravir fans de la première heure, amateur de la seconde vague ou néophytes, ne peut être compléter qu'à l'aide de ces instruments complétant à merveille le trio guitare / basse / batterie, les violons et pianos déjà plébiscités sont également présents, et les « Diamant » , « Found the Road » et « Let it Be True » souffrent toujours plus la comparaison, mais on pardonnera ce manque évident de folie en buvant littéralement cette beauté connue et reconnue.
Bien évidement ce Simple n'a ni le calibre, ni la prétention de déplacer les montagnes comme le ferait la moindre sortie de Radiohead. Il permet toutefois, de mettre un minimum en opposition cette fratrie qui couve un talent fou. D'un coté l'archétype de la Rock star, dont l'orientation musicale en constante évolution, a permis à son groupe d'arriver à ses fins, en allant jusqu'à snober le concept élémentaire de maison de disque ; de l'autre, l'artiste mesuré, qui par ses choix de vie, construit de manière bien plus sobre, sa talentueuse et homogène carrière musicale, mais qui au final en arrive au même point: faire la musique qu'il aime, et que les autres aiment.
Ecoutez "One in a Million" ; "Twist of the Knife" ; "Ode to a Friend" et "Rise and Fall" sur la page MySpace d'Andy.
A écouter : "Rise and Fall" ; "One in a Million" ; "Found the Road"