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Biographie

Amenra

Amenra, malgré son nom, ne vient pas d'Egypte mais de Belgique. Venant du Hate 8000, collectif Hardcore / Metalcore Belge des années 90, le groupe formé d'ex-Spineless, Lordz ou Firestone fait évoluer sa musique pour petit à petit atterrir sur les plages Post-Hardcore, style connaissant un engouement de plus en plus visible. Après la sortie d'eps, vinyls et splits (avec Gameness, Gantz, Vuur), 2006 voit le jour de Mass III, le premier album du groupe. Même si fortement influencé par les formations phares du mouvement (Isis, Neurosis, Cult Of LunaAmenra développe pourtant une lourdeur extrême et personnalité autre notamment avec des visuels et un concept très marqués. Le groupe aime également se produire dans des lieux insolites : forêts, défilés de sous vêtements, vieilles églises... En 2008, Amenra revient avec Mass IIII, plus atmosphérique mais toujours aussi intense. Après plusieurs concerts remarqué, Amenra se produit en première partie de Neurosis en 2011 à Paris. Les belges décrochent un deal pour sortir Mass V chez Neurot Recordings fin 2012.

16.5 / 20
16 commentaires (17.28/20).
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Mass V ( 2012 )

Amen Ra. Ce nom a le talent de retourner les tripes, de serrer bien fort les organes jusqu'à agonie lente. Mass V, c'est l'album attendu, le messie signé chez Neurot Recordings. Alors autant dire que la première écoute, tout comme la seconde et les multiples suivantes, furent baignées d'une aura salvatrice pour ceux qui s'impatientaient depuis 4 ans.

Je faisais partie des déçus de Mass IIII, manquant de charisme face à III. Et avec V, je n'ai plus qu'à savourer mon désespoir. Ils l'ont fait : aller plus loin qu'avant, allier encore et toujours obscurité et lumière fatiguée, avec un Colin survolté, une ambiance caverneuse amplifiée ("Nowena") et une douleur qui s'abat encore et encore, sans relâche.
L'Oeuvre n'est plus ici simplement sans concession, noire. Elle est majestueuse, avec le renfort de Scott Kelly (Neurosis) pour forcer une dernière fois à plier l'échine. Les sensations sont multiples, parleront à ceux qui se recroquevillaient déjà sur Mass III, laisseront couler les larmes sur "A Mon Ame" et sa litanie ensorcelante. Heureusement pour nous, les Belges ont repris du poil de la bête, sont allés à l'essentiel malgré une progression qui donne naissance à des titres oscillant entre 9 et 13 minutes. Pourtant, oubliez artifices et fausses montées en puissance : chaque instant de Mass V est crucial pour la pertinence de l'oeuvre et sa stabilité. Même les premières notes hésitantes de "Deadborn and Buried", ces cris familiers chevauchant les multiples riffs reconnaissables - même si la touche "Neurot" est bien visible sur la production - qui donnent lieu à un véritable cérémonial funeste ("Deadborn and Buried", "Boden").

Il n'aura suffit que de "A Mon Ame" pour me convaincre. Amen Ra est grand, bien plus que sur III ou IV, et pourtant la tâche était ardue pour arriver à égaler certains morceaux phares du combo. Mais Mass V surenchérit, avec une apparente désinvolture qui donnerait presque envie de pleurer.
Au final, l'artwork de grotte d'un noir profond était peut être le meilleur moyen d'initier la découverte de Mass V.

A écouter : A Mon Ame
14 / 20
10 commentaires (15.8/20).
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Mass IIII ( 2008 )

Compliqué de succéder au cérémonial III. Surtout lorsqu'on a laissé tant de chair, tant de sang sur l'autel. On se demande même combien de temps va durer cette contrition, cette autoflagellation avant de sombrer dans l'aliénation la plus totale. 

Même décor ténébreux, mêmes ustensiles de célébration, même sensation d'étouffement, plongée dans les affres tourmentés d'âmes en totale perdition, Amen Ra récidive dans un registre qu'on lui connaît déjà, un chant sous produit émis depuis l'obscurité d'une crypte, un prêtre (Colin) loin d'être un comique, toujours en transe, en proie avec ses angoisses et ce qu'il a de plus noir, enfoui au plus profond de son être. Comme son prédécesseur, Mass IIII est une séance d'exorcisme, une danse chamanique saisissante d'effroi qui, pour le coup, s'avère plus raide et ce même si la production nickel tente de nous faire croire le contraire.
Ici pas de sirène au chant de cristal, pas de mélodie rédemptrice pour nous amadouer et faire passer la pilule. Ce qui ne va pas sans risque d'ailleurs "Silver Needles Golden Nails" et "Razoreater" manquant un peu trop de souffle et d’aventure pour nous engloutir totalement. Il en va autrement de "De Dodenakker" sur lequel Amen Ra appuie sur les plaies pour les faire saigner avant de nous emporter dans ses bras et nous attendrir avec le surprenant "Thurifer er Clamorad te Veniat", plus atmosphérique, plus mélancolique, avec un petit côté psychédélique. L’œuvre se fortifie avec "Le gardien des rêves" où le quasi murmure de Colin est chatouillé de douceurs éthérées prenant progressivement possession de l'espace, lentement, assurément, avant d'éclater inévitablement en bout de course. Bien fait, bien structuré mais malheureusement dépourvu aussi de cette capacité de pressurisation qui était la spécialité d' Amen Ra jusque là.

Un final qui rachète en partie un prologue plutôt timide mais un album dans l'ensemble peut-être en dessous du potentiel des flamands. Avec des possibilités de se retourner assez minces, Vincent Tetaert ayant remis son chasuble à l'office, il se pourrait bien que le rituel cesse avec Mass IIII.

Tracklist : 1. Silver Needle, Golden Nail ; 2. Razoreater* ; 3. De Dodenakker; 4. Thurifer et Clamor ad te Veniat; 5. Terziele ; 6. Le gardien des rêves ; 7. Aorte nous sommes tous du même sang*.

A écouter : Le gardien des rêves; Aorte, nous sommes tous du même sang
16 / 20
22 commentaires (17.66/20).
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Mass III ( 2006 )

Voilà déjà quelques années que Amen Ra fait son nid; auparavant plutôt confidentiel et connu essentiellement en Belgique, leur pays d'origine, ce Mass III va leur permettre de se faire un nom en dehors de leurs frontières, tant mieux. Le nombre de groupes évoluant dans le post hardcore (terme regroupant de plus en plus de groupes et donc de "genres") ne cesse de croître et la qualité ne semble pas encore affectée, Amen Ra donne en effet dans une musique à forte teneur en Isis, Neurosis et Cult Of Luna. Contrairement à ses derniers Amen Ra ne ponctue pas ses morceaux de longs passages post rock, au contraire aux passages légers d'un Cult Of Luna Amen Ra oppose une lourdeur doomesque des plus angoissante.

Lourd, très lourd, ce 6 titres d'Amen Ra est un pavé compact (d'où son nom?) colossal, le genre d'album qui vous met à terre par sa noirceur et le poids, quasi physique, véhiculé par les instruments. Certes du lourd on en a vu depuis des années, Black Sabbath et ses innombrables bâtards ont labouré ce chemin crasseux depuis des décennies, même Neurosis, et ses imposants monolithes discographiques, nous a souvent mis à terre. Mais ce Mass III est un concentré de tout ce qui a pu être fait, ici pas d'ambiance embrumée façon Electric Wizard, non on donne dans la noirceur qu'on se prend pleine gueule, violente et sans concession.
Les instruments, spécialement basse / guitare distillent leurs rythmes pachydermiques et quasi hypnotiques sur chaque titre, la guitare se fera plus aiguë l'espace de quelques instant, ne faisant que mettre en avant la lourdeur oppressante qui l'entoure. La voix en retrait, comme prisonnière des instruments l'accablant à chaque note, se modulera et apportera des ambiances bien distinctes, parfois claire comme sur Le Fil des faux elle sera le plus souvent criarde (le passé hardcore du groupe?) et se verra même accompagné d'une superbe voix féminine sur Am Kreuz.
Quelques passages seront moins empreints de ce poids écrasant (Ritual notamment) mais cela ne durera pas. Ce même Ritual finira dans un chaos cataclysmique, une pure jouissance pour les amateurs du style.

Ce Mass III devrait faire des heureux, du coté de ceux aimant la lourdeur forcément (cette chronique vous l'a assez rabâché je pense) et aussi peut être une bonne façon de passer du hardcore vers le post hardcore; le feeling HxC étant en effet tout de même présent. Quoi qu'il en soit ces 6 titres sont de petits bijoux, et semblent plus constituer un tout qu'un enchaînement de titres. A quand une tétralogie ?


MP3 : Ritual

A écouter : Am Kreuz, Ritual