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Biographie

Alpinist

Benni - Chant/Basse
Hendrik - Batterie
Flo - Chant/Guitare
Julian - Chant/Guitare

Jeune groupe originaire de Münster, Alpinist enregistre sa première démo, dix titres en septembre/octobre 2007. Déjà très mature musicalement, la formation sort un split ep en juin 2008 en compagnie de Finisterre, autre groupe de crust allemand, via les labels Sengaja Records, Contrazt! Records, Bad Pingue, Threat Of Today, Humilidad Y Honestidad, Phobiac Records et Subversive Ways. Il s'ensuit une tournée européenne comptant plus de soixante concerts durant l'été.
Le quatuor enregistre son premier album, Minus Mensch, en février 2009. La sortie, en coopération chez Contraszt! Records, Phobiact Records et Alerta Antifascista, d'abord prévue en mai se fera avec un mois de retard, le groupe n'étant pas satisfait de la réalisation.
Alpinist consacre ensuite les mois suivants aux concerts et jouera notamment avec Sand Creek Massacre, Patsy O'Hara, The Now-Denial, Planks, Finisterre, Cobretti, Edelweiss Piraten, Trainwreck, Comadre, Celeste, HammersReflections Of Internal Rain, participant également à de nombreux festivals (Cry Me The River Fest, New Noise Fest, Keep It Evil).
Minus Mensch est repressé en août 2010 alors que le groupe enregistre son deuxième album au Die Tonmeisterei d'Oldenburg avant de partir en septembre pour une tournée en Europe de l'Est. Lichtlaerm sort en octobre via Phobiact Records et Vendetta Records.
Alpinist enchaîne ensuite concerts sur tournées et après la sortie d'un split avec Masakari en juillet 2011 (Alerta Antifascista, Halo Of Flies), s'envole en août pour une tournée U.S. Revenu en Europe, le groupe poursuit sur son rythme effréné jusqu'à une nouvelle tournée avec Masakari, cette fois en Europe. Fin août, les allemands annoncent la mise en sommeil du groupe pour un temps indéterminé.

16.5 / 20
3 commentaires (16.67/20).
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Lichtlaerm ( 2010 )

Lichtlaerm, colossal et apocalyptique, se dresse tel un titan aveugle et brutal...
Lichtlaerm, une quête sans espoir dans les ténèbres abyssales et non plus vers des cimes scintillantes ...
Un an après l'extrordinaire Minus Mensch, Alpinist dévoile un crust plus sombre encore et plus agressif que jamais ; une noirceur ineffable qui renvoie à l'inconnaissable.

D'une puissance évocatrice rarement atteinte, la musique ouvre une béance, une descente dans les abîmes chtoniens où la pesanteur est décuplée. Les rythmes rapides déchaînent violence et fureur ; pris dans ce vortex chaotique, corps et âmes démantelés sont fracassés à coups de masses, projetés sauvagement contre des parois déchiquetées. Les mélodies, cinglantes ou lividement poignantes, s'élèvent en brumes d'effrois, en brouillards d'opaques angoisses. Et la peur, la terreur s'amplifient dans l'attente de l'horreur rampante, de la torture imminente, récurrente. Puis à nouveau, des rythmes lourds, écrasants ; enserrés dans un étau implacable, la chair et l'esprit, vulgaires matériaux à broyer, sont triturés à la tenaille, découpés à la scie, cassés au marteau. Et dans ces tourments infernaux et impitoyables où les mots ne sont que cris, dans ce monde obscur et tragique où la consolation n'a pas cours, où n'existe qu'une souffrance intense et lancinante, où n'existe ni passé, ni avenir, ni fin, où s'abolissent l'espace et le temps, où s'annihile la conscience, nous touchons au non-être, au non-sens, au néant...
Lichtlaerm sonne comme la soudure de l'Enfer de Dante et du Mordor de Tolkien, évoque les tableaux de Goya, suggère l'ampleur d'un Alexandre Nevski d'Einsenstein porté par la musique de Prokofiev : l'horreur dans toute sa beauté et sa démence.
Déferlement titanesque et cataclysmique où chaque instrument joue sa partition avec une justesse démoniaque, l'album s'achève sur le magnifique "Laerm", comme un soleil qui se lève, chassant l'ombre, embrasant les cimes d'une lumière intense, vision d'une beauté sublime et éternelle mais terrible et aveuglante. Eclat féérique, insoutenable à l'homme, incapable de supporter les hauteurs éthérées et flamboyantes et condamner à croupir à jamais dans les bas-fonds de ce cloaque qu'est notre monde. Et alors naissent des tourments plus cruels, des blessures plus profondes et les hurlements déchirants se meurent, étranglés, impuissants. Ne t'es-tu jamais, exalté, brûlé à un rêve trop ardent pour finir rampant, défiguré et humilié, dans cette ombre sans fin?

Lichtlaerm est une métaphore monumentale de notre monde et de la misère de la condition humaine. Agressif, épique et désespéré il est le reflet des heures les plus noires de l'humanité aussi bien que des combats quotidiens. Alpinist déploie un immmense talent délivrant un crust puissant et profond, habité de lyrisme et de fougue, qui prend au ventre et parle aux âmes. En à peine trois ans, comme si une urgence impérieuse les poussaient, les allemands, en une progression fulgurante sont parvenus aux sommets, faisant d'Alpinist un groupe incontournable tant l'oeuvre s'avère émouvante, violente et belle, portant en elle quelque chose d'universel et de précieux.

Lichtlaerm, douleur écorchée et chair tuméfiée...
Lichtlaerm, et plus aucune larme ne me vient, prostrée dans l'ombre, à n'attendre plus rien...

Track-list : 01. Deliberate ; 02. Rogen ; 03. AIDT ; 04. Licht ; 05. Yarncarrier And Break ; 06. Neverest ; 07.  Project Fatigue ; 08. The Cursed Word Open-Minded ; 09. Hak Nam ; 10. Laerm.

A écouter : en intgralit
16 / 20
4 commentaires (14.88/20).
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Minus.Mensch ( 2009 )

Minus Mensch, une chevauchée mythique et effrénée digne de la furie des Walkyries! Une première écoute d'où l'on revient troublé et transi sans trouver aucun mot pour exprimer tant d'émotion, de profondeur, d'exaltation. Jamais le terme d'epic crust n'aura été aussi bien illustré que par ces onze titres.

Puissant, riche, dense, foisonnant et intense ; un désespoir violent, une rage rebelle, viscérale. Vision d'un monde obscur, chaotique, gorgé de souffrance où les parcelles d'âmes sanguinolentes s'arrachent à la tenaille et où les larmes taries ne laissent que des sillons âcres et amers. Alpinist se brule à la hideur du monde et vomit ses antres sordides. Déchirant et sombre, grave et pathétique jusqu'à l'onirisme, Minus Mensch se pare de mélodies, tortueuses ou divinement belles, scintillantes, mélancoliques, s'élevant au-delà du chaos, en des sphères inaccessibles, comme une prémonition du sublime, un fragment d'infini.
Et avec l'intuition du poète, Alpinist contemple les ruines du monde, auréolant cette inconsolable perte d'amour, de rêve, de douleur et de désespoir. Conscient de la tragédie de la condition humaine, Alpinist refuse le monde tel qu'il est et choisi la révolte même si tout cela est vain. Délivrant une musique aux accents lyriques d'où jaillit une émotion poignante, une sensibilité nerveuse et vulnérable, une exaltation épique, Minus Mensch s'enveloppe de reminiscences du Sturm Und Drang (littéralement Tempête et Elan ; courant du romantisme allemand) et Le voyageur au dessus de la mer de nuages de Caspar David Friedrich semble symboliser toute la démarche du groupe. Assurément, une inspiration romantique souffle sur cette réalisation.

Ambitieux et inspiré, hyper recherché, ne tombant jamais dans la facilité, le premier album d'Alpinist atteint des cimes inespérées. Ayant gommé tous les défauts précédents (production, chant...), la formation est indéniablement le meilleur groupe emo crust du moment. Minus Mensch est en tout point remarquable, et ce jusqu'à l'artwork ; et pourtant règne le pressentiment qu'Alpinist est capable de beaucoup plus encore. Groupe en devenir, doué et intelligent, aux larges horizons musicaux (screamo, crust, postcore, black-metal, indus...), il pourrait, si sa progression se poursuit, s'avérer l'une des valeurs sûres de ce mouvement. Mais il ne s'agit pas là de brûler les étapes mais de se laisser envahir par cette vertigineuse tourmente. 

Track-list : 01. Nighttime Poet Daytime Dead ; 02. Schalterhygiene ; 03. A Is For Army Of Slaves ; 04. Rost ; 05. 2te Klasse Bahnabteil ; 06. Amuse Yourself To Death ; 07. Delta Flood Of Ignorance ; 08. The Charme Of Dominating ; 09. From Groveling To Running In Less Than A Second ; 10. This Song Will Not Save Your Life ; 11. Outro

A écouter : dans l'exaltation du moment

Split w/Finisterre ( 2008 )

Une ville en ruine, esquissée à grands coups de crayons tourmentés, sur fond grisâtre ; esthétisme et désolation, tristesse et colère.  Alpinist et Finisterre, deux groupes à la vision du monde similaire, réunis pour un split emo crust à deux visages.

Alpinist ou la quête d'un ailleurs.
Première variation sur un crust puissant, fin et poétique, taillé dans les veines de Fall Of Efrafa (période Elil) et du crust espagnol de La Corogne (Ekkaia, Madame Germen) aux reminiscences des écorchures screamo. Musique aux structures complexes, recherchées et maîtrisées, ponctuée de montées et de breaks à faire frémir, où l'émotion se déploie en diverses nuances. Un chant à trois voix déchirées s'y agrège, mais seul reproche à émettre, hormis une production en dedans, la voix principale reste un peu trop nasillarde, même s'il faut avouer que la qualité de l'ensemble n'en pâtit pas réellement.
Délicats tourbillons mélodiques, pénétrés de chagrins et de mélancolie ; maëlstroms furieux emplis de courroux, d'amertume et de souffrance ; chevauchées épiques menant aux rivages du post-core ("Weisse Peder") et toujours plus loin, telle une fuite en avant, jusqu'à la perception confuse de relents indus ("Nachtlager"). Prenant, poignant, parfois proche de l'onirisme, noyé de douleur et de peine, riche, dense et profond, pressentiment d'un ailleurs, Alpinist semble chercher désespéremment à atteindre des sommets entrevus en songes pour s'extirper des marécages nauséeux de ce monde.
      Alpinist ou l'improbable rêve.

Finisterre ou le souffle de la fin du monde.
Deuxième temps : un crust frontal, brut, solide, d'une efficacité totale, ancré dans les consonnances allemandes (Lies Feed The Machine, Cave Canem), enveloppé en permanence de mélodies enlevées, dans la droite lignée de Fall Of Efrafa (période Owsla), Schifosi ou Remains Of The Day. Les titres courts, bien équilibrés, bénéficiant d'une très bonne production, comportent des touches originales tel un passage stoner sur "Gruner Und Jahr" ou par exemple l'utilisation de spoken words ("Asphalt", "Jijl"). Le chant est assuré par un excellent duo masculin/féminin aux voix arrachées et expressives dont les timbres différents ainsi que leurs lignes de chant sont d'une réelle efficience. Alternance de rythmes rapides aux riffs explosifs, foudroyants, fulgurants et de mid-tempos lancinants, baignés de malaise ("Depression") : sous des aspects revendicatifs s'insinue une atmosphère sombre et ténébreuse où l'espoir n'a plus lieu d'être. Colère et fureur mêlées de ressentiment et de dépit : rage et impuissance, émergeance de mélancolie et de regrets. La musique de Finisterre se révèle inquiétante et terrible car sans horizons. L'oeuvre se clôture sur un break mid-tempo ("Jijl"), étayé de spoken words, où les mots prononcés par Till, scandant pour lors d'une voix claire, frappent et tombent telle une sentence irrémédiable et mortelle.
      Finisterre ou le cauchemar tangible.

Alpinist et Finisterre nous offrent un split d'une qualité remarquable et ces deux jeunes groupes, affichant une maturité musicale assez sidérante, semblent posséder une large marge de progression. Jouant déjà quasiment dans la cour des grands, ces deux formations feront sans doute les beaux jours du crust allemand.

Track List : Alpinist - 01. Wortloss ; 02. Kreise Ziehen ; 03. Weisse Peder ; 04. Nachtlager. Finisterre - 05. Casino Aachen ; 06. Gruner Und Jahr ; 07. Asphalt ; 08. Depression ; 09. Ums Ganze ; 10. Jijl.

A écouter : En intgralit mais s'il fallait en choisir deux ce serait Weisse Peder et Jijl