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Biographie

Alestorm

Ce groupe de moussaillons, créé en 2004, officiait à la base sous le nom de Battleheart jusqu’en 2007. C’est au moment de signer un contrat avec le label Napalm Records qu’il leur a été demandé de changer de patronyme car il se rapprochait trop de Battlelore, le combo finlandais signé sur le même label.

Ayant déjà délivré deux eps sous leur ancien nom, Alestorm sort directement son premier album en 2008, Captain Morgan's Revenge, traitant du fameux corsaire Henry Morgan (1637 - 1688). Le groupe proclame jouer du "True Scottish Pirate Metal", appellation assez significative de leur Power Metal aux airs marins et de leurs paroles dignes de Pirates des Caraïbes.
La même année, les jeunes matelots enregistrent un ep, Leviathan, puis un split avec Týr et Heidevolk : Black Sails Over Europe. Dès l’année suivante, nos écossais à la jambe de bois lèvent l’ancre de nouveau pour un second album, Black Sails At Midnight.

Chronique

14 / 20
4 commentaires (14.25/20).
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Black Sails At Midnight ( 2009 )

Le folk metal on en mange à toutes les sauces. Scandinave, slave, mésopotamien, trollien, shamaniste, tolkiennien, bouddhiste (hein ?)…bref, il nous manquait les pirates ! Et c’est l’année dernière, avec « Captain Morgan's Revenge », qu’éclate au grand jour cette sous (sous, sous) branche d’un des styles les plus convoités du moment. Et pour cause, les productions d’Alestorm sont estampillées « True Scottish Pirate Metal » (eh ouais, va falloir vous mettre à la page les gars !), pas besoin de creuser longtemps, tout est là ! Mais au cas où ça ne serait pas assez explicite, sachez que derrière ce label certifié se cache un power metal des familles qui sent à plein nez le rhum et le sel de mer.

C’est un an après leur premier assaut qu’Alestorm hisse de nouveau ses voiles face à une mer qui désormais leur appartient, bien décidé à piller les trésors qui croiseront leur route et à descendre quelques calles de tonneaux de bières!

Efficacité est définitivement le mot d’ordre pour ces vieux loups de mer et le registre heavy/power leur colle à la peau. Des rythmiques musclées, lancées au moins à 15 nœuds, des refrains catchy au possible qui vous font lever la pinte en chantant, et une dose de solis guitare/clavier faisant décoller les titres de manière dantesque. En plus des virtueux solis, le clavier Bontampi© occupe un rôle primordial car il va synthétiser toutes les parties instruments traditionnelles, c'est à dire ici l’accordéon, le violon, la trompette et les flûtes. Une véritable déferlante de mélodies festives et épiques à rendre fou Jack Sparrow !
Bien entendu, l’album possède sa ballade, l’hommage à toutes ces attaches que vous avez laissé sur la terre ferme en quittant le port. Ici, la longue « To the End of Our Days », mid-tempo berceur et nostalgique avant de repartir à une vitesse d’attaque !

Petit crissement de dents aux premières écoutes concernant la voix, qui pourrait sonner approximative au niveau de certaines lignes de chant et qu’on retrouve, par moments, un peu trop en devant des instruments. Imaginez un peu : un marins vieux comme la mer, pas fâché avec la bouteille, et qui vous conte/gueule ces aventures à cinq centimètres du visage…argh ! C’est assez représentatif d’Alestorm en fin de compte. Puis avec cet accent d’écossais alcoolique par dessus le marché, on ne peut pas renier que le concept est jusqu’au-boutiste. Rassurez-vous, il est très facile de se laisser prendre au jeu (surtout après 2/3 verres)!
Les chœurs également peuvent s’avérer frustrants, mixés à un niveau très proche du chant principal, il manque à la fois de l’écho et de la robustesse pour s’y croire vraiment. Dans le genre, seul « Wolves of the Sea » (reprise de « Pirates of the Sea », une niaiserie assez fun de l’Eurovision 2008), vous donne vraiment l’impression d’être sur le pont avec une horde de corsaires déchaînés à l’idée de prendre le large ! Le reste sonne plus chants de taverne irlandaise pour le coup.

Si le concept kitsch d’Alestorm est complètement délirant, il risque d’en lasser plus d’un au fur et à mesure que la discographie va avancer (à l’instar d’un Korpiklaani ?). Pour le moment, l’ensemble reste frais, gentillet et efficace, dans la continuité directe de « Captain Morgan's Revenge ».
Le plus gros défi maintenant est de voir si ils arriveront à se renouveler dans leur propre concept, ce qui risque d’être laborieux tant l’étiquette ici est restreinte ! Bref, pour le moment courez ACHETER ce petit concentré d’hymnes écossaises, et j’insiste sur le « acheter » car : « …Remember ! Piracy is a crime ! ».

A écouter : si vous n'avez pas le mal de mer!