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Biographie

Agoraphobic Nosebleed

Scott Hull - guitare, programmation
Jay Randall - chant, samples
Katerine Katz - chant
Richard Johnson - basse, chant

Formés en 1994, les furieux d'Agoraphobic Nosebleed ont depuis vu leur lineup régulièrement évoluer autour de deux membres: Scott Hull (Pig Destroyer) et Jay Randall. Aujourd'hui stabilisé avec notamment, l'arrivée de Katerine Kaz au chant le groupe continue de se démarquer du reste de la scène par son absence de batteur, ici remplacé par une boite à rythmes. Programmée par Scott Hull - qui joue d'ailleurs sans bassiste avec Pig Destroyer - elle a permis au groupe de repousser les limites de l'agression sonore au fil de sa longue discographie. Le groupe revient pourtant "assagi" et muni de nouvelles intentions en 2009 avec son dernier album en date: Agorapocalypse. Fin 2015 les Américains annonce la parution pour 2016 d'un nouvel EP intitulé Arc

Chroniques

Arc Agorapocalypse
12 / 20
3 commentaires (15/20).

Arc ( 2016 )

Kiss l'avait fait et voilà que Agoraphobic Nosebleed se lance à son tour dans l'aventure d'une série d'EP dont chacun est écrit par un membre du groupe. Honneur à LA dame, Katherine Katz, chanteuse de talent qui propose ici trois compositions qui feront plus certainement penser à un autre groupe s'étant prêté au même exercice, les excellents The Melvins, plutôt qu'au Grindcore pour lequel est connue la formation de Scott Hull. 
Point de blast en pagaille ici mais trois titres lourds, proches du Sludge voir même du Stoner. Un constat éclatant lorsque l'on écoute "Not A Daughter", qui pourrait avoir été enregistré par Eyehategod tant la ressemblance est frappante. Ces derniers hantent le disque en permanence et l'on est forcé d'admettre l'efficacité et l'immédiateté de la plupart des riffs présents. D'autant plus que Arc n'est pas avare en bonnes idées : celle de conserver une boite à rythme en est indéniablement une première. La guitare et la basse se suffisent à elles-mêmes pour créer un groove poisseux et cette rigidité rythmique apporte une plus-value, rappelant Godflesh dans ses heures les plus sombres. La marque des 5 minutes au cours de "Gnaw" est d'ailleurs le parfait exemple de cette proximité. La prestation vocale de Katherine, braillarde et vociférante, enfonce le clou brutalement et l'on peut sentir la sincérité avec laquelle l'ancienne chanteuse de Salome crache ses textes.
Agoraphobic Nosebleed tente des choses, comme durant toute leur carrière, et on ne pourra pas leur reprocher : "Deathbed" et sa conclusion rappelant Fu Manchu ainsi que le final de Gnaw amené par une basse crunchy à souhait en sont de bons exemples mais une fois de plus, les influences sont criantes. 
Pourtant, Arc n'est pas exempt de défauts puisqu'il souffre de la comparaison avec le reste de la discographie du groupe. Les Américains menés par Scott Hull, dont l'imagination et la créativité ne sont plus à prouver, ont enregistré des pépites qui ont su donner un coup de pied dans une meute Grindcore qui aboie mais ne mord que rarement et reste enchaînée à sa niche. Confier la composition à un seul membre était-il alors trop ambitieux ? 
On peut malheureusement se le demander car, au-delà de la surprise que Arc constitue dans la discographie de la formation, l'ensemble reste trop moyen et scolaire lorsqu’il est comparé aux sorties récentes des poids lourds actuels du Sludge, Thou et Bongripper en tête. 
Ne jetons pour autant pas la pierre à Arc qui propose un disque de bonne facture, trop peu surprenant et innovant, mais plaisant. Nous attendions un trébuchet, nous voilà avec un lance pierre dirons les mauvaises langues. 

A écouter : Pour la curiosité
15.5 / 20
5 commentaires (13.1/20).
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Agorapocalypse ( 2009 )

Agoraphobic Nosebleed est un groupe de furieux, ce n’est pas nouveau ; une formation avec une liste longue comme le bras de productions Grind génialement radicales et parfois aux limites de l’audible à leur actif, qui n’en fait pas forcément une des plus aisées à suivre. Si on ajoute à ça que ces mecs ont un truc que la majorité d’entre nous n’aura jamais, à savoir une grosse case en moins - ou alors elle s’en est allée ailleurs - ça plante le décor. L’acharnement du groupe à jouer sans batteur et à composer une musique à l’assise rythmique humainement injouable aura de toute façon mis la puce à l’oreille de pas mal de monde depuis bien longtemps. « Maximum noise ‘till death », merde au reste.

Bref, c’est au milieu de ce bordel que déboule Agorapocalypse. L’occasion de faire le point si les divers (et nombreux) splits et EPs sortis ces derniers temps vous sont aussi passés sous le nez.
Autant dire que les changements sont légion. Le groupe avait annoncé en 2007 l’arrivée d’une (oui, une) petite nouvelle en la personne de Kate pour venir prêter main forte en matière de hurlements… la voici donc à l’œuvre. Et elle est très loin de rigoler malgré sa gueule d’ange. Son timbre est un véritable concentré de haine dont la musique hystérique d’Agoraphobic Nosebleed n’avait pour ainsi dire pas vraiment besoin pour nous violer les tympans. Sa voix, épaulée de trois autres hurleurs en chef, s’approche régulièrement d’une Candace (Walls Of Jericho) dans sa bonne période et est du meilleur effet en terme d’agression sonore (First national stem cell and clone).
Parlons-en d’ailleurs de ce magma sonique que délivre le groupe : de la nouveauté aussi mais toujours pas de batteur à l’horizon en revanche même si, et là est peut être la principale surprise de l’album, la boite à  rythme semble s’être sérieusement calmée. En effet cet Agorapocalypse signe l’arrivée des malades de Springfield en terrain plus connu de tous: celui du Grindcore « audible »: rythmiques plus humaines, programmation enfin aisée à suivre pour seulement 13 titres à rallonge.  Entendez par là 56 secondes pour le plus court. : une vraie révolution quand on repense à Altered States of America et ses 99 compos éructées en 20 minutes. Agoraphobic Nosebleed vient nous dispenser ici un peu moins d’une demi-heure de d’une musique hystérique, lourde et destructrice prenant presque le temps de poser une ambiance des plus hargneuses qui ne fait d’ailleurs que gagner en intensité. Entre agression pure, accès de délire et breaks à dévisser les nuques par paquets de cent, AN lamine toute trace de velléité chez l’auditeur. Les soli vous veulent du mal, la bàr est maitrisée à la perfection et n’en finit plus de recadrer un quatuor débordant de folie avec quelques trouvailles de brutalité ultra catchy (First national stem cell and clone, Druggernaut jug fuck, Dick to mouth resucitation). Les moments de répit sont rares et il ne faudra d’ailleurs surement pas aller les chercher dans les quelques ralentissements que nous offrent des titres comme Flamingo snuff, Hung from the rising sun ou un Dick to mouth resuscitation (encore)  à vous donner envie d’écarter les murs.

On ressort complètement lessivé de cet Agorapocalypse qui redistribue magistralement les cartes au sein de la discographie du combo du Massachussets et pourrait amener les plus allergiques à se pencher sur leur cas. Les structures de ce disque aliénant se font désormais plus identifiables y seront sans doute pour beaucoup. La qualité de composition fera sans doute le reste. Et lorsque l’on sait qu’elle n’a probablement d’équivalent que la malveillance et la folie que charrie cette galette, on se dit qu’on tient vraiment là un excellent album qui nous veut du mal et le fait plutôt carrément bien.

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