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Biographie

Agora Fidelio

Agora Fidelio s'est créé en 2000 comme étant le groupe de reprise de Psykup, leurs permettant de sortir de leur répertoire habituel (metal).
Après changement de line-up, et concrétisation de la direction musicale que les membres voulaient prendre, Agora Fidelio est devenu un groupe à part entière et il n'est aujourd'hui plus question d'en parler comme étant le side-projet Psykup. Exclusivement en français, les textes abordent des histoires personnelles, mais universelles de façon brute et poétique.

En juin 2002, un premier album Une Histoire De Chair voit le jour, petit album puisqu'il comprend seulement huit titres dont trois instrumentales. Il est suivi en 2004, après une courte tournée et un passage en studio, par Altitude Zéro, un second album plus axé Pop-Rock, moins expérimental mais tout aussi riche musicalement et émotionnellement. Un troisième opus voit le jour en 2006, toujours dans cette veine hybride qu'Agora Fidelio affectionne tout particulièrement avant que le combo ne s'éclipse des bacs pendant près de quatre ans.

Ce n'est qu'en 2010 que le groupe reparaît aux commandes d'un projet de triple album concept répondant au nom de Les Illusions D'Une RouteBarcelone ouvrant la danse, suivi de Bagdad puis enfin de Belfast au rythme d'environ un disque par an. 

Crédit photo : Lionel Pesqué.

16.5 / 20
3 commentaires (16.83/20).
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Les Illusions D'Une Route | Bagdad ( 2012 )

Episode 2: Bagdad.
Ce nom, ceux qui n'étaient pas trop occupés à se délecter encore et toujours de Barcelone l'auront certainement tourné et retourné plus d'une fois tout au long de l'attente qui, sans cesse prolongée, a séparé cette nouvelle offrande des toulousains du premier volume de la trilogie dans laquelle il vient s'inscrire. Barcelone / Bagdad: le tout et son contraire. Dur pour ne pas dire impossible de ne pas en venir, finalement, à cette conclusion. Et force sera d'avouer qu'Agora Fidelio cette fois ne surprendra probablement pas dans les intentions: Bagdad, grave, prend la suite de Barcelone, la bouée de sauvetage, parenthèse quasi féérique d'une trentaine de minutes. Comme pour rééquilibrer les compteurs.

Barcelone tout juste éteint, le temps d'un battement de cils, "Drapeau blanc", lent, lancinant opère la cassure. "Les Illusions d'une Route" pénètrent sans fard dans le décor d'un nouveau chapitre qui commence. C'est la douche, froide comme le ton que prend subitement le récit Agora Fidelio: dépouillé, conté gorge nouée, régulièrement au bord de la brèche ("Chaos debout"). Rapidement la rage renverse le moindre vestige de l'euphorie du Volume 1 et Bagdad bascule dans une atmosphère de détresse exacerbée, tiraillé entre une aspiration évidente à garder la tête hors de l'eau et l'insondable gravité de sa thématique. Bagdad se démène pour s'arracher à la réalité qu'il décrit, insoutenable mais pourtant bien irrémédiablement subie dans le récit que propose le groupe, lutte pour ne pas sombrer, cogne à s'en briser les poings, voit s'effondrer espoirs, croyances et certitudes dans le sillon d'un conflit qui échappe à toute logique comme à tout contrôle.

Alors Bagdad explose. Atomisé les ombres chinoises de Barcelone: ce nouvel opus se révèle être bien plus qu'il n'était possible de l'imaginer ce à quoi son nom le promettait. Une mise à nu complète. Un disque décidé mais tortueux, sinistré, impuissant face au tourbillon qu'il provoque et qui l'embarque. Un étalage cru d'humanité déboussolée servi par un groupe en roue libre, radical, écorché (extraordinaire "C'est une guerre") et inspiré comme jamais. Agora Fidelio balafre son Rock ambiancé de fulgurances que l'on ne leur connaissait pas - ou si peu - laisse s'écouler le trop plein de plaies encore fraiches, déballe sans retenue tous les aspects de sa musique dans un album  que l'on aura du mal à qualifier autrement que par le terme "frontal". "Par mes flèches", ou "J'ai vu" auront beau venir tempérer cette impression par leurs élévations, le fond ne laisse pas de place à l'erreur. C'est bien un pavé que vient ici de jeter Agora Fidelio.
 
Bagdad, à la première comme à la quinzième écoute, frappe, interpelle, dérange. Jamais Agora Fidelio n'avait procuré et encore moins entretenu un tel sentiment d'ambivalence au sein de son œuvre pourtant depuis toujours baignée d'ambiances clair-obscur. Un disque déséquilibré mais tout sauf bancal lancé dans une fuite en avant éperdue, qui traverse en diagonale l'ensemble du chemin parcouru par les Toulousains à ce jour. Une nouvelle demi-heure d'une intensité à perdre haleine, tout à la fois caricaturale, d'un réalisme poignant et d'une justesse remarquable. Agora Fidelio chavire, et nous avec.

"Les impacts, c'est ceux qui n'en ont pas qui les montrent."

A écouter : Absolument
16.5 / 20
5 commentaires (18.1/20).

Les Illusions D'Une Route | Barcelone ( 2010 )

Agora Fidelio c'est d'abord l'histoire d'un handicap de poids. Celle d'un groupe à la fibre émotionnelle un peu maniérée et d'une fragilité maladive tout autant source de véritables moments de grâce que de morceaux moins évidents, presque poussifs. Celle également d'une formation volontaire sans être obstinée, forte d'une identité sonore qui lui a permis de faire son trou sur la durée et dans la constance. Une formation toujours un peu discrète mais présente depuis dix ans et qui devrait, on l'espère, encore en voir quelques uns tomber avant de se poser la question de poursuivre l'aventure. 

Tout du moins ça l'était.
Vaguement classé Post Rock à ses débuts, Agora Fidelio s'est rapidement détaché d'une scène avec laquelle ils n'ont finalement qu'assez peu de points communs. Rien à voir avec une quelconque posture ceci dit: le son des toulousains, aérien mais résolument Rock est leur meilleur argument. Agora Fidelio ne fait pas de beau pour le beau ni ne se regarde jouer. Trop de caractère, trop de choses à dire pour se laisser aller. Trop de choses à faire pour un seul album également. Alors Agora Fidelio compose, enfile les efforts longue durée, affine ses atouts. Et revient fin 2010 avec Barcelone, premier volet de l'épopée "Les Illusions d'une Route" que doivent venir compléter tour à tour pas moins de deux suites: Bagdad puis Belfast.

Barcelonec'est un de ces disques immédiats, probablement autant dans le rejet que dans l'adhésion. Une œuvre de l'instant, qui frappe, mais empreinte d'un spleen qui ne fait que grandir à mesure que l'on y repense et que les écoutes se répètent. Car Barcelone, par sa remarquable unité de ton et par ses éclats les plus brillants ("Je suis venu" ou "Le pharaon blanc", par exemple) pousse à revenir. Pour se laisser conquérir, envahir par une demi heure de musique cinématographique, riche de mille émotions, plans et textures. Agora Fidelio se dévoile, direct, sort des profondeurs, affleure à la surface d'un rock quasi radiophonique pour s'y répendre en frémissements délicats, se fait accessible. Et pourtant les toulousains restent fermement arrimés à ces racines qui filent se perdent dans des méandres de mélancolie profonde et de poésie singulière.

L'immense force de "Barcelone" réside en un mécanisme simple mais finalement rarement manié avec un tel doigté. En 2010 Agora Fidelio n'a pas bougé d'un pouce. Pourtant, plutôt que de nous laisser venir le chercher, le groupe, droit dans ses bottes, dépose littéralement son univers à nos pieds, abolit la distance par un jeu de perspectives virtuose, nous amène à reconsidérer son œuvre en l'infusant dans un Rock plus fin, ciselé, équilibré et maitrisé que jamais. Il n'y a désormais plus qu'à se baisser pour la cueillir et se laisser happer en retour pendant trente très judicieusement intenses, courtes et frustrantes minutes.

Barcelone, disque plein ou sortie tronquée? Ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre. Ce premier épisode du triptyque des toulousains est au jour de sa sortie, sans conteste, leur album le plus abouti, à la fois solide, gorgé de sonorités arrivées à maturité, (con)dense/é et aérien, étudié et d'une évidence Rock nouvelle. Barcelone, pris hors de son concept, est un album plein et envoutant. Barcelone amputé de ses deux suites reste un premier voyage sublime et intrigant dont on ne sait exactement ce qu'il peut bien préfigurer exactement.  Une ouverture sur un champ de possibles jusque là quasi insoupçonné pour un groupe que l'on est quoiqu'il en soit ravi(s) d'avoir (re)trouvé.

A écouter : Comme une référence en devenir
14 / 20
6 commentaires (16.83/20).

Le Troisième Choix ( 2006 )

Océan de bout du monde, ballons en apesanteur, couleurs d’aurore ; c’est par cet artwork très classieux et aux allures d’un tableau de Magritte qu’Agora Fidelio introduit l’univers de son nouvel effort, le 3e, comme un symbole de l’horizon musical que le quatuor veut désormais atteindre.

D’ordinaire classé à mi chemin entre Noir Désir et Mogwai, Agora Fidelio espérait avec ce 3e album faire valoir sa propre voie et se démarquer de ses influences. Conséquence du défi, deux ans de boulot pour aboutir à un ouvrage solide, basé sur un florilège de mélodies évolutives et alambiquées. Côté identité, les toulousains optent une nouvelle fois pour la langue française. Ce choix divisera très certainement, car si d’un côté il permet l’établissement de textes dans la tradition Cantatienne, avec mélange d’expressions poétiques et énigmatiques (même si quelques phrases maladroites déséquilibrent parfois l’édifice), il donne en contrepartie à certains autres passages une coloration « rock variété » bien moins plaisante («Une époque formidable »). En outre, le timbre du chant, assez spécifique, n’est pas aisé d’accès n’ayant ni la pureté de Jon Por Birgisson (Sigur Ros)pour les passages ambiants ni la charge émotionnelle d’un Tetsuya (Envy) quand le besoin s’en fait sentir.

A côté de ça, un charme particulier opère et se diffuse grâce à une multitude d’introductions soignées et pénétrantes (« Finir à paris », « Puisqu’on n’est pas mort »), et des plages aérienne où l’éther se gorge de mélodies gonflées d’effets, de reverbs ou de back vocals (la voix d’outre tombe sur « Palatina »). La deuxième partie de ce Troisième Choix, plus explorante, semble à ce titre plus réussie, laissant davantage la part aux houles instrumentales ou aux décors déstructurés (« L’Enfance ») avec quelques spoken words bien choisis et des hurlements déchirants à la Impure Wilhelmina (La splendide « On sème », meilleur titre de l’album).

Hésitant certainement encore un peu trop entre différentes possibilités et différentes domaines (rock, post rock, post core), Agora Fidelio, sans pécher dans l’envie, perd un peu en homogénéité sur la durée. Quelques titres de grandes classes (« Mourir », « On sème », "Puisqu'on est pas mort"), un effort de composition indéniable, mais une sensation au final que le chemin aurait pu être plus creusé encore, à l’image d’un Kwoon par exemple, à condition d’y aller complètement.

En écoute sur myspace.

A écouter : "On sme", "Mourir", Puisqu'on est pas mort"