Découverte
Pochette Démo

Biographie

Adagio

Adagio a été créé par le guitariste français Stéphan Forté en 2000. Avant même d’avoir constitué un groupe, ce musicien diplomé avait déjà enregistré 2 démos et joué en première partie de Ingwi Malmsteen en 1998. Après s’être entouré de David Readman (chant), Dirk Bruinenberg (batterie), Richard Andersson (clavier) et Franck Ermanny (basse), il enregistre le premier album d’Adagio, Sanctus Ignis, qui sort en mars 2001.
Le résultat est une musique qui se rapproche incontestablement du néoclassique, tout en y ajoutant des ingrédients de metal progressif ou de power. Les instruments ont donc des partitions assez techniques et le chant et clair et puissant. Un an plus tard, Stephan Forté rencontre Kévin Codfert qui l’impressionne et qu’il engage comme nouveau claviériste.
Sanctus Ignis s’étant fait une petite réputation en France et au Japon, Underworld voit le jour dans ces deux contrées fin 2003. L’Ensemble Vocal de Lyon ainsi que le chanteur Hreidmarr (Anorexia Nervosa) font plusieurs apparitions sur le disque, participant à une ambiance à la fois plus sombre et plus grandiose, mêlant metal rapide aux choeurs et aux partitions de piano. Stephan Forté justifie cette orientation en disant qu’il traversait alors une période difficile.

Le batteur quitte le groupe pendant la tournée pour raison personnelle, et c’est Eric Lebailly qui vient le remplacer juste à temps pour figurer sur le premier live du groupe, A Band In Upperworld. David Readman quitte également Adagio et c’est le Brésilien Gus Monsanto qui le remplace pour finir la tournée et enregistrer Dominate qui sort en 2004. Ce nouvel effort confirme l’évolution plus agressive de leur musique.
En 2008, Archangel In Black présente le troisième chanteur du groupe, le Finlandais Christian Palin. Cet album pousse plus loin la direction déjà amorcée et propose un son plus accessible, très énergique et davantage tournée vers le power, sans renier la virtuosité qui a toujours fait le succès du groupe.
Les tournées s’enchaînent, passant notamment par le Hellfest et côtoyant entre autres Paradise Lost, Samael ou très récemment Kamelot.

Chronique

Life ( 2017 )

Quand on parle de Metal Prog en France, on pense Uneven Structure, on pense Klone, on pense Kadinja, voire même Step In Fluid ou The Algorithm... Et on a raison. De plus en plus présente, cette scène intéressante et active propose une vision moderne de Prog, à l’instar de Tesseract ou de Monuments à l’étranger. Mais malgré l’essor de cette vague « Prog djentisé », il convient de ne pas oublier un autre versant du Prog : qu’en est-il des groupes à la Dream Theater, des gratteux qui ont décidé de ne pas migrer sur des instruments à 8 ou 9 cordes, des acoquinades avec le Power comme c’était si courant dans les années 90 (coucou Symphony X, Blind Guardian, et consorts) ? Nous en avions pourtant d’excellents en France, comme Venturia, FairylandAuspex, ou Spheric Universe Experience. Que sont-ils devenus ? Certains jouent encore, pourquoi n’en entendons-nous plus parler ? Mauvaise promo, style passé de mode, trop de gens devant The Voice ?
Ce mois de juillet 2017 pourrait apporter, à défaut d’apporter une réponse à ces questions, propose un début de démenti, un refus de laisser faner cette scène discrète mais tenace. Car après des années de silence-radio, Adagio est de retour. Oui, Adagio, véritable fer de lance national du Prog Mélo (comme il convient de l’appeler, par opposition au Prog meshuggèsque), sort Life dans une petite semaine. Et nos compatriotes ont une surprise de taille : la fameuse dichotomie entre les deux facettes du Prog, ce que je m’efforce de distinguer depuis dix lignes, eh bien ça n’existe tout simplement plus pour Adagio.
 
La formation réussi en effet dans Life a incorporer des éléments nouveaux pour marquer le coup de son retour sous les feux de la rampe. En premier lieu, si l’aspect très mélodique caractéristique du groupe est toujours bien au rendez-vous, les compos présentées dans cette cuvée 2017 présentent aussi presque toutes un côté incisif, syncopé, et riche d’influences Djent. La bande à Stephan Forté garde le meilleur des deux mondes, et offre à la fois des passages autant rentre-dedans que possible (Darkness Machine, les intros de Subrahmanya et de Life...), certains plein de feeling et d’émotion (Torn, le solo de Darkness Machine, Trippin’ Away...), et d’autres ultra énergiques sans être foncièrement violents, privilégiant l’efficacité (beaucoup de refrains sont taillés comme des hymnes en puissance, à commencer par celui de The Ladder avec ses chœurs intelligents, mais aussi ceux de Subrahmanya, de I'll Possess You, de Secluded Within Myself ou de Torn ; mais d'autre éléments ne sont pas en reste et regorgent d'ingéniosité, comme le riff qui sert de rythmique au solo de The Grand Spirit Voyage, ou le passage instrumental après le second refrain de Secluded Within Myself...). Et devinez quoi ? Tout ça se marie au poil, et l’ensemble fonctionne de façon homogène.
En dehors de ce renouveau stylistique (auquel on pouvait s’attendre au moins sen partie, si on a écouté le dernier excellent album solo du guitariste Stephan Forté, tête pensante du groupe), il convient aussi de noter deux principales nouveautés. Trois, même, si on compte la présence de Jelly Cardarelli derrière les fûts. Mais son jeu, bien que parfaitement au niveau de celui de ses compagnons virtuoses, ne ressort pas particulièrement de Life. Non, les deux apports essentiels sur cet album sont la voix et le violon. Au chant, on retrouve Kelly Sundown Carpenter (Beyond TwilightZierler, Civil WarOutworldDarkology...), qui a déjà assuré au micro d’Adagio sur scène en 2007. L'Américain a une voix tout aussi versatile que son prédécesseur sur Archangels In Black, pouvant se placer habilement dans les registres mielleux (Trippin' Away) tout comme dans le semi-saturé (Darkness Machine), mais le tout en un poil plus aigu que le vocaliste de 2009. Les morceaux sont hantés par ce chant habité, on sent vraiment une énorme mélancolie dans ces vocales, tout à fait en rapport avec la musique des Français. Un bon point (encore un) pour ce choix de line-up.
Quant à l'ajout d'une violoniste, bien que son intégration au line-up officiel puisse être peu compréhensible (elle n'officie pas sur tous les titres et ses interventions sont plutôt discrètes), son rôle sur les ambiances de Life est indéniable. Les intros de Life, de Subrahmanya, ou encore de I'll Possess You sont plus cinématographiques que jamais, élevant encore la musique du sextet vers une dimension épique et visuelle.

On ressort de l'écoute de Life changé, convaincu qu'Adagio revient plus en forme que jamais, mais surtout que leur vision du Metal Progressif est à la fois belle, forte, et logique. A mi-chemin entre une initiative de modernisation d'un style (malheureusement) de moins en moins joué et médiatisé, et la démarche de rendre facile d'accès un riffing ultra catchy par des passages melow ; Life est une réussite totale. Imaginez "Meshuggony X" ou "Djent Theater", en tirant le meilleur des deux écoles, ajoutez un énorme feeling, des occasionnelles ambiances au violon, des musiciens parmi les meilleurs de l'Hexagone et un vocaliste hors du commun. Vous y êtes.

A écouter : Darkness Machine, Secluded With Myself, Life, Subrahmanya