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Biographie

Acranius

Fondé en Allemagne en 2009, Acranius se cherche un peu à ses débuts, effectuant pas mal de concerts sur la scène underground. En 2012, suite au départ de deux de ses membres, seuls Lars Torlopp (Basse) et Bjorn Frommberger, qui en profite pour quitter le chant et prendre la guitare, restent. Le groupe prend alors une autre dimension et en profite pour enregistrer son premier album When Mutation Becomes Homicidal en 2013. En 2014, Rob Hermann Arndt arrive au poste de batteur et Kevin Petersen est recruté en tant que vocaliste. Un second opus arrive dans la foulée intitulé Dishonor puis en 2017 arrive Reign Of Terror.

Chronique

Reign Of Terror ( 2017 )

Dans le petit port de Rostock, douce ville portuaire située aux confins de la mer Baltique, il arrive parfois que quelques mélopées égarées attirent les chalands. Les badauds, par les mélodies attirés, s'emplissent de joie alors que leurs tympans vibrants imprègnent leur cœur de l'œuvre d'Euterpe. Se rapprochant peu à peu de l'origine sonore, les mélomanes étonnés muent leur envie en surprise, leur gaieté en perplexité et leur émerveillement vint alors stupeur que de découvrir la cause de cet ébahissement soudain : une bande de gros teutons bourrins !

Autant annoncer la couleur tout de suite, Reign of Terror, troisième album d'Acranius ne fait pas dans la dentelle. Et pour cause, les Allemands ont pris pour principe de conjuguer la lourdeur du brutal death old school avec la rapidité des beats modernes. Si vous avez des amis qui aiment le metal qui tache, prévenez-les, ça sera adopté direct. Passé une très brève introduction qui laisse planer un doute quant à la teneur musicale, plus aucun soupçon ne demeure dès les premiers coups de caisse claire. C'est ainsi, dans un vacarme jouissif et assourdissant que le quatuor démontre la férocité et l'appesantissement dont ils sont capables et il en sera ainsi pour les trente et unes prochaines minutes. S'il fallait d'ailleurs faire un reproche à cet opus c'est qu'il est parfaitement monolithique. Pas de variations, pas d'expérimentation, pas de répit ! C'est une pierre lancée qui ne saurait dévier de sa trajectoire quitte à arracher quelques têtes au passage.

Ce qui définirait le mieux Reign of Terror à quelqu'un qui ne l'a jamais entendu c'est une guitare et une basse, toutes les deux bien lourdingues, un chant gutural et une batterie rapide créant une dichotomie auditive avec les cordes bien plus lentes. Ne cherchez pas de solo, de sauts de cordes ou même d'arpèges, il n'y en a pas. Ou quand simplicité rime avec efficacité. Tout juste quelques harmoniques artificielles par-ci par-là comme sur Warpath, le reste du temps on est sur du powerchord bien gras en gamme chromatique mais comme disait ce bon vieux Karadoc "Le gras c'est la vie !" Ajoutez quelques passages djent, ou deathcore afin "d'aérer" (LOL) un peu la structure et ça vous donnera une idée propre et nette de ce qui vous attend lors de l'écoute. Cela peu paraître basique et rustique à priori, et ça l'est, mais c'est vraiment bien pensé et exécuté, les riffs de Died a Liar ou Kingmaker vous donneront une illustration parfaite du propos.

Comparativement aux albums précédents, aucune surprise, on reste dans la continuité en améliorant la recette. C'est surement l'un des albums les plus massifs qu'il m'ait été donné d'écouter ces dernières années et également la preuve tangible qu'il n'est pas forcément besoin d'être virtuose pour envoyer sévère. Pour peu que vous ne soyez pas sujet facilement au mal de crane, Acranius c'est bon mangez-en !

A écouter : Outlaw, Warpath, Dead a Liar