Un an seulement après la sortie de The Loss Of Illusions, Aabsinthe nous propose son deuxième effort In Search Of Light, composé de sept titres. Enregistré par Sylvan Biguet, ce nouvel album continue à explorer la voie death metal mélodique et progressive, revendiquée par le combo.
Si l'influence d'Opeth transparaissait à l'écoute du précédent disque du combo stéphanois, il semble désormais que Aabsinthe se soit Gojiraifié, notamment dans le chant et dans quelques attaques de riffs (Dead Leaves) ; Aabsinthe a d'ailleurs ouvert pour les Basques, ce qui pourrait appuyer notre impression. Toujours est-il que Aabsinthe peine à dépasser ses influences et qu'il est difficile de passer outre ce fait.
Le titre A Long Walk To Touch The Sun est à ce titre très illustratif. L'intro de la chanson (grosso modo les trois premières minutes) sonne à si méprendre pour du Neurosis, sombre et inquiétant. Puis l'accélération nous rappelle Gojira. Le reste du titre, long de 18 minutes ( !!), développe heureusement des ambiances propres et très prenantes.
Certains morceaux, particulièrement brutaux se rapprochent clairement du death pur et dur (Fragments), même si l'on reste relativement éloigné du death primaire et dévastateur de Cannibal Corpse par exemple.
Un ensemble d'arrangements fouillés, des légères touches symphoniques et des aérations atmosphériques laissent le tout respirer. Il y a certes la violence du death mais en même temps, cette violence se mêle à une certaine subtilité cachée. Une subtilité qui n'est pas forcément évidente de prime abord : il faut la chercher, la découvrir petit à petit.
Petite nouveauté de ce nouveau disque : on note même quelques touches post-hardcore dans le coté barré et répétitif de certaines entrées de morceaux (Gravity Leads To Dark Places).
Si l'influence d'Opeth se fait peut être moins présente que sur le premier disque des français, d'autres pointent le bout de leur nez. Ceci laisse logiquement que Aabsinthe n'a encore pas complètement fini son apprentissage et se nourrit encore de références extérieures. Dans l'absolu, ce coté éponge (on absorbe puis on recrache) s'avère primordial pour un artiste quelle qu'il soit (musicien, peintre, écrivain, sculpteur, metteur en scène, ...). Mais ces influences doivent permettre de proposer une nouvelle proposition artistique. Le style d'Aabsinthe reste en développement. Pourtant, comme sur le précédent disque, le potentiel et la touche personnel restent là... à portée de main...
Dead Leaves et A darkened Sky en écoute ici
A écouter : Fragments, A Long Walk To Touch The Sun