Difficile de coucher des mots sur le premier disque de 37500 Yens. Pour cause, le duo de Reims est en passe de devenir LE duo, celui qui prend le courant à l'envers, qui rebrousse le poil d'une caresse rugueuse, mais surtout celui qui débroussaille tout en restant abouti et sûr de lui. La grande classe en somme.
Jud et Frank trouvent la mélodie dans le bruit, la puissance dans la tension, le rythme dans le cycle et les redondances dans une liberté musicale totale. D'une technique irréprochable, les reimois en mettent plein la vue à chaque instant mais toujours dans un souçi d'émouvoir et de surprendre agréablement, pas de paillette ou de cache misère ici, c'est du solide de haut en bas. Ca tape sec et dur dans ces ascensions soniques puissantes et maitrisées. Baignées dans une imagination débordante, les 8 compositions fourmillent d'idées à l’image de ce saxophone jazzy qui arrive comme le messi sur "Canard Boiteux" ou de ces hurlements monstrueux (hardcore !) sur "The Sullivan's Quartet", ultime morceau, qui viennent définitivement nous faire mordre la poussière si on ne mange pas déjà le béton par les narines. Le son est là, personnel et travaillé autant que novateur, d'une violence rare dans les frasques les plus furieuses et d'un tact certain lors des accalmies les moins chargées de notes. 37500 Yens prend des risques sans piquer du nez une seule fois, tourbillonne sans s'emmêler les pinceaux : Radical et intraitable.
Bien évidemment, Astero sort sur Distile Records (Swims, Absinthe (Provisoire), Looking For John G) qui rajoute sa corde la plus tendue à son arc désormais rudement bien achalandé. Superbement produit, ce premier album de 37500 Yens devrait sans mal tirer une larme aux amateurs de Hella, Zü ou Cheval De Frise.
A écouter : Canard Boiteux - Astero - The Sullivan's Quartet