Les Dossiers De Metalorgie #01 Novembre 2017 : "Challenge Accepted !"

"Les dossiers de Metalorgie", mais keskeucé que ce truc ?
Comme on vous l'avait indiqué le mois dernier lors du 24ème et dernier "Metalorgie Monthly", la formule s'arrêtait après deux ans de bons et loyaux services pour laisser la place à un nouveau rendez-vous mensuel, donc voici la première occurrence. Quant au nom, on a rien trouvé de plus simple et efficace, mais bon, on verra si on changera ça ou pas !

"Les dossiers de Metalorgie" vont se décliner de plusieurs façons, on a déjà tout plein d'idées à ce sujet. Ce qu'on propose, c'est d'avoir chaque dernier jour du mois une sorte d’échappatoire qui permette au site d'avoir un contenu qui sorte de l'ordinaire. Vous comprenez bien, il n'y aura pas "un" type de dossier mais plusieurs. Chaque type pourra revenir, quand après X mois nous aurons amassé assez de contenu pour une deuxième occurrence, mais entre temps d'autres style de dossiers auront été postés.

Une idée des plus intéressantes était de pouvoir faire découvrir aux autres chroniqueurs des artistes qui nous sont chers, et de vous parler de leurs réactions. Mais au final, quoi de plus simple que celles et ceux qui découvrent un nouveau groupe vous en parlent eux-mêmes ? La rédac' a donc décidé d’aménager ça sous la forme d'un dossier qu'on a appelé "Challenge Accepted !" : Zbrlah, notre spécialiste en Metal Symphonique et autres délicatesses, a accepté d'écouter tout ce que pouvaient lui suggérer les autres. Se prenant au jeu, d'autres ont voulu se confronter à l'exercice.

Au programme, du Metal Symphonique pour Tang, des orchestrations épiques pour SkaldMax, du Hardcore pour Zbrlah, en gros, tout ce qui n'est pas dans la zone de confort de nos cobayes, dont voici un mini-profil pour vous aider à comprendre les points de vue de chacun :

* Zbrlah
- CATEGORIE "TROP FACILE" (styles préférés) : Prog, Mélo/Sympho, Power, Death Mélo...
- CATEGORIE "ENVIE D'APPROFONDIR" (styles un peu écoutés mais pas trop) : Pop, Rock, Folk, Death Old School, Deathcore, Thrash, Metalcore, Black Metal, Jazz, Classique...
- CATEGORIE "FAITES-MOI MAL" (styles très peu écoutés voire pas écoutés du tout) : Sludge, Doom, Drone, Post-Rock, Hardcore, Shoegaze, Screamo, Emo...

* SkaldMax
- CATEGORIE "TROP FACILE" (styles préférés) : Black Metal, Death Metal, Thrash Metal, Heavy...
- CATEGORIE "ENVIE D'APPROFONDIR" (styles un peu écoutés mais pas trop) : Grindcore, Hardcore (moderne), Power, Emo/Screamo...
- CATEGORIE "FAITES-MOI MAL" (styles très peu écoutés voire pas écoutés du tout) : Prog, Sympho, Slam Death, Deathcore, Folk, Hardcore Old School...

* Tang
- CATEGORIE "TROP FACILE" (styles préférés) : Punk/Hardcore, Metal, Stoner/Doom/Sludge, Death/Black modernes, Rock, Noise, Expérimental, Hip-Hop...
- CATEGORIE "ENVIE D'APPROFONDIR" (styles un peu écoutés mais pas trop) : Vieux Black, Power, Coldwave, Darkwave et tous trucs en -wave, Classique, Pop, Ambient, R n' B...
- CATEGORIE "FAITES-MOI MAL" (styles très peu écoutés voire pas écoutés du tout) : Sympho, Folk, Hard Rock à leggings, Country...


C'est parti !



La punition de Zbrlah infligée à Tang :
Blind GuardianAt The Edge Of Time (2010)
A découvrir ici !

Le mot de Zbrlah sur cet album :
Sans que j'en sache encore trop sur ses goûts, l'intrépide Tang m'a annoncé "vas-y, balance ton Sympho". Y a qu'à demander ! Même si Blind Guardian est plutôt Power que Symphonique (ça te fera au moins un petit repère), jette une oreille attentive à Sacred Worlds et à Wheel Of Time pour deux démonstrations épiques de Metal Sympho pas piquées des hannetons.

L'avis de Tang sur cet album :
Musicalement c'est objectivement démentiel, cet alliage parfait entre musique classique et Speed Metal, j'en serais même subjectivement plutôt friand, s'il n'y avait pas ce chant complètement abusé, bien qu'ultra maîtrisé. Ça en fout partout et ça me fait comme une sorte de fussoir... Pas simple à digérer. Des titres comme Sacred Worlds ou Valkyries passent néanmoins mieux que d'autres, dans le sens où le chant occupe un peu moins de place, ou me procure de meilleures sensations, pas trop éloignées d'un Devin Townsend (Ride Into Obsession, Control The Divine). J'apprécie également les passages acoustiques et traditionnels à l'image de Curse My Name, ayant du sang celte ces instants me font vibrer nécessairement quelques récepteurs, ainsi que Wheel of Time, ses percussions et son orchestration bien tarée, malgré des violoncelles un poil excessifs. A travers cela on remarque d'autant plus la justesse instrumentale, notamment un batteur très mesuré dans son usage de la double pédale. En bref, j'écouterais Blind Guardian avec un plaisir non dissimulé et bien plus grand si le chant était plus souvent relégué au second plan. En outre la production lisse m'ennuyait au début mais en fait elle colle idéalement au genre et chaque instrument est audible. Enfin, je peux m'estimer heureux de ne pas avoir eu droit à du Nightwish ou Within Temptation, ce qui peut toujours arriver à mes dépens dans cet exercice, soit.


La punition de Zbrlah infligée à SkaldMax :
Fleshgod ApocalypseAgony (2011)

Le mot de Zbrlah sur cet album :
Fleshgod Apocalypse est selon moi une excellente passerelle entre les goûts de Max pour les musique extrêmes (il s'agit quand même de Brutal Death, et tous ses codes sont respectés : batterie qui blaste, chant guttural caverneux, riffing de brute) et ma passion pour le Metal Symphonique (orchestrations qui dégoulinent, virtuosité dans les solos, chant occasionnellement en clair et parfois très haut). Petit tip de pro : The Violation est selon moi la meilleure de l'album, mais il faut l'écouter avec a fin de The Deceit en guise d'intro !

L'avis de SkaldMax sur cet album :
J'avais une idée assez vague de l'oeuvre de Fleshgod Apocalypse, les quelques titres entendus de ci de là m'avaient laissé plutôt froid, la faute à une impression de bouillie musicale pas super appétissante. Agony ne m’a pas spécialement convaincu, sans me rebuter complètement non plus. Sur le papier, Brutal Death + Sympho ça peut donner quelque chose de très intéressant, seulement... ah, oui c’est violent et ça balance des tatanes, mais quel manque d’ambition sur la partie Death ! Mince, comme si les guitares et la batterie étaient la caution bourrinage de service sans vouloir apporter autre chose qu’un bruit de fond violent. Un peu de bonne foi tout de même, le batteur fait un job sacrément honnête sans jouer la finesse et pourrait rivaliser avec George Kollias de Nile pour un concours de vitesse. Et puis certains leads mélodiques et soli sauvent les meubles comme sur The Betrayal, mais c’est sur le dernier titre que les six-cordes sont vraiment parlantes. Le dernier titre ? Ah oui zut...c’est Heartwork de Carcass repris par les Italiens. 
A côté de ça, les élans symphoniques sont du plus bel effet et j’ai pris plaisir à écouter ces instruments classiques (dont l’énorme intro de The Violation). En fait, pas mal de choses m’ont fait penser au Dimmu Borgir moderne (voix claire assez incroyable, théâtralité) et à Abigail Williams. Bon point donc, sauf si l’on prend en compte des structures de morceau assez répétitives et par conséquent prévisibles (syndrome Anaal Nathrakh ?). 
Je me repasserai donc cet album le jour où mes oreilles exigeront un défouloir raffiné et baroque, tandis que je virevolterai (à l’image du groupe) grimé dans une ample peignoir de soie comme un chef d’orchestre possédé et destructeur. C’est donc peut-être pas pour tout de suite, mais ça viendra !



La punition de Tang infligée à Zbrlah, à la mesure de la sienne :
ConvergeWhen Forever Comes Crashing (1998)
A découvrir ici !

Le mot de Tang sur cet album :
Sachant que le collègue n'a aucune connaissance sur l'un des plus prestigieux et durables édifices du Hardcore, je lui propose de commencer par la base et le troisième album de Converge, les prémices du cultissime et indispensable Jane Doe. Ce n'est pas le plus facile d'accès mais le vaillant Zbrlah a les épaules pour encaisser, j'en suis intimement convaincu. Réédition conseillée car le rendu original est dégueu.

L'avis de Zbrlah sur cet album :
Avant la fin de la première écoute, When Forever Comes Crashing m'avait déjà fait grimacer. Pourtant les musiciens semblent bons (notamment le batteur qui groove vraiment à plein d'endroits), le groupe a l'air d'avoir compris que faire de la musique c'est pas un concours de violence (sinon, pourquoi Ten Cents ou l'intro de In Harm's Way ?), et j'ai fini par trouver des connexions entre cette introduction à Converge et le son de The Dillinger Escape Plan (dont j'arrive a apprécier certains albums).
J'ai donc commencé un deuxième tour de platine en essayant de le prendre comme une sorte de Metal Prog chaotique. Mais rien à faire : je n'arrive pas à retrouver chez Converge la technicité de la guitare de TDEP, juste une grosse lourdeur poisseuse. Idem au chant, que j'ai trouvé très monotone et peu inspiré (à l'exception du court passage en chœurs clairs lancinants vers le milieu de My Unsaid Everything), loin des standards de maitrise technique nécessaire à tout vocaliste de Prog. Les vagissements du chanteur de Converge me laissent tout à fait de marbre, et je suis persuadé qu'on peut échanger les pistes de chant de presque tous les titres de When Forever Comes Crashing sans que cela ne soit très choquant, tant le registre utilisé est toujours le même.
J'en suis donc à deux échecs : impossible de rentrer dedans "à froid", sans apriori, mais aussi impossible de l'assimiler en établissant une passerelle avec des choses qui me sont un peu plus familières. La troisième et dernière écoute (désolé Tang, j'ai vraiment tenté mais j'ai physiquement pas pu aller au delà de trois essais) sera donc déconcertée et erratique, cherchant ça et là à quoi m'agripper, essayant de cerner la démarche du groupe, de comprendre comment aimer. Un groove de batterie par-ci (l'intro de Tear Of The Swine), un riffing plus efficace par-là (la middle-section de Towing Jehovah), des rares instants de tension qui pourraient être mieux exploités (le climax sur la dernière minute de Letterbomb)... C'est bien faible pour dire que j'accroche.
Je dois avouer que j'ai tellement voulu chercher des repères sur ce disque que j'ai terminé cette troisième écoute en allant lire des chroniques sur le net, pour me guider. Dans ces chroniques, je n'ai jamais, mais alors jamais, trouvé pourquoi leurs auteurs ont aimé ce disque. J'en ai même trouvé une qui note l'album 5/6 en disant "le groupe se fourvoie dans des titres plus lourds, écrasants et noisy, qui t'écrasent sur le sol comme une vulgaire merde". Alors je le demande : quel est l'intérêt ?



La punition de Raikage infligée à Zbrlah :
Shellac1000 Hurts (2000)

Le mot de Raikage sur cet album :
Shellac est la formation encore en activité de Steve Albini, une des personnalités les plus intéressantes et révérées de l'Indie Rock, Noise Rock, Math Rock et j'en passe. Ingénieur du son de génie, excellent musicien et adepte d'un humour très spécial, ce disque est pour moi un classique parmi les classiques. On y retrouve tout ce qui fait le charme du groupe... je n'en dis pas plus.

L'avis de Zbrlah sur cet album :
S'il m'a été compliqué de supporter Converge, il m'a été INCROYABLEMENT DIFFICILE d'encaisser Shellac. La tentation de tout arrêter, de stopper cet exercice masochiste était colossale. Je me vois encore obligé d'user des majuscules, tellement les mots sont trop étroits pour signifier vraiment mon ressenti : J'AI DÉTESTÉ.
Si encore Shellac se justifiait par un déferlement de violence gratuite, peut-être que l'ensemble aurait plus de cohérence à mes yeux. Mais non, le groupe joue du Rock Alternatif, sans (trop de) cris, sans blast-beats, avec des guitares crunchy plutôt que réellement saturées. Sauf que la bande à Albini rend leur musique insupportable par une approche volontairement extrême sans jamais virer dans le bourrin : amélodie et dissonance perpétuelles, voix plus parlée que chantée et chiante comme la grêle, longs passages très répétitifs (dans Mama Gina ou Shoe Song), même le tempo est méprisé (dans New Number Order) pour finir de malmener les repères de l'auditeur. L'ensemble sonne comme une expérience extrême (bien plus extrême que Converge ou que n'importe quel groupe de n'importe quelle sous-branche de Metal, je trouve) qui fait écho à ma vision de la peinture cubiste : puisqu'il parait que c'est de l'Art, alors admettons. Qui suis-je pour juger ? Ok, partons donc du postulat que c'est bel et bien réussi ; eh bien dans ce cas je suis tout à fait incapable de comprendre, d'interpréter ou même d'approuver cet Art, qu'on parle de peinture contemporaine ou bien de la "musique" de Shellac. (D'ailleurs, pour continuer le lien avec l'aspect graphique, l'artwork de l'album est tout simplement inutile.)
Les deux seuls points qui ne m'ont pas donné envie de m'arracher les oreilles pendant ces trois interminables écoutes sont d'une part la production, mettant en valeur une basse ronflante (en même temps, à seulement trois musiciens c'est assez logique) et un son de guitare très soigné (même si ce que joue cette guitare m'est insupportable) ; et d'autre part le côté décalé / 17eme degré / random / WTF de certains textes (Song Against Itself, New Number Order, Prayer To God).



La punition de Neredude infligée à Zbrlah :
Panzerballett - Xmas Death Jazz (2017)

Le mot de Neredude sur cet album :
Selon moi, c'est le groupe qui a le mieux réussi à fusionner Jazz et Metal. Le chanteur d'Obscura est invité sur cet album (et leur batteur est également le batteur de Panzerballett). Si t'aimes le Prog, tu devrais aimer !

L'avis de Zbrlah sur cet album :
Je ne connaissais même pas Panzerballett de nom ; contrairement aux autres artistes qu'on m'a fait découvrir. Google a été mon ami, et si vous n'en avez pas entendu parler non plus, je serais votre Google : Allemagne, groupe de Jazz-Metal avec un saxophoniste et pas de chanteur attitré, pas mal d'invités prestigieux, nombreuses reprises/réinterprétations (le thème des Simpsons, de la Panthère Rose, du AC/DC...), quatre albums dont le dernier vient de sortir, et c'est justement ce Xmas Death Jazz. Ca a l'air marrant, allez go. Mais deux écoutes plus tard, je n'ai pas vraiment compris ce à quoi j'ai assisté. Je crois que c'était bien, mais qu'est-ce que c'était exactement ? Je me relance dedans en m'efforçant d'être plus attentif.
Donc, d'un point de vue musical, c'est Haken VS Animals As Leaders VS John Coltrane VS chants de Noël : à mi-chemin entre Metal influencé Djent, et Rock Progressif à la Pink Floyd ou Genesis ; mais l'ensemble est jazzifié et saupoudré d'ambiance "fêtes de fin d'année". Honnêtement, je ne sais pas comment mieux décrire ça, même si ça doit sembler déconcertant.
Les musiciens sont tous des brutasses de leur instrument respectif, proposant au fan de Prog que je suis des éléments virtuoses dans la technique ou la rythmique (ce batteur est fou, écoutez les grooves dans Rudolf The Reindeer ou Little Drummer Boy), et sur cet aspect j'ai carrément acroché. Bien vu, Neredude ! En revanche, un élément me laisse un peu perplexe : toutes les influences précédemment citées ne se cumulent pas vraiment très souvent dans Xmas Death Jazz. Il n'y a que très peu de Jazz-Rock-Metal-de-Noël ; à la place il y a des passages très Jazz (Kling, Glöckchen), d'autres vraiment Metal (plusieurs parties de Last Christmas, la fin de Let It Snow), la majorité de l'album sonne Rock-Prog... Les genres ne mélangent pas, mais se succèdent, et je crois que c'est pour ça que je n'avais pas compris le disque : il faut l'encaisser de plusieurs manières différentes au fil d'une même écoute.
Pour finir, impossible de passer à côté de la folle performance du vocaliste Mike Keneally  : très différent et moins classique que ce que propose Steffen Kummerer d'Obscura en growl à la fin du morceau, le chant clean est bien péchu et très juste, vraiment groovy (les refrains de White Christmas me font même penser à la voix de Jamie Cullum !). Little Drummer Boy fera sourire par les interventions de la voix qui chante certains breaks de batterie, mais en dehors de ce titre, les paroles sont toutes décalées et pleines d'humour (Rudolph The Reindeer surtout), et apportent une grande partie du côté "Noël" promis par le titre du disque, la portion manquante étant assurée par des reprises de thèmes connus ("vive le vent" dans For Whom The Jingle Tolls, et "we wish you a merry Christmas" dans Es Kommt Bald).
Fun, décalé, susperbement interprêté pour compenser sa difficulté d'accès... Et bientôt de saison ! Que demande le peuple ?
Une bonne découverte, à mettre au pied du sapin de tous vos amis progueux !



La punition de Skaldmax infligée à Zbrlah :
Blut Aus NordMemoria Vetusta II : Dialogue With The Stars (2009)
A découvrir ici !

Le mot de Skaldmax sur cet album :
Après avoir vu Zbrlah prendre son pied sur Emperor au Hellfest cet été, j'ai été aussi surpris que ravi. Alors il lui faut du Black Metal sophistiqué et empli d'atmosphères prenantes ? Il aime l'alliage de la beauté et de la puissance malgré des voix plutôt hostiles ? Alors je parie sur ce Blut Aus Nord bourré d'ambiances magiques, grandiloquentes tout en maîtrisant un bel équilibre clair/obscur. Allez, tapis sur ce Memoria Vetusta II !

L'avis de Zbrlah sur cet album :
Avant tout, un mot sur l'artiste, qui je dois l'avouer, m'a fortement impressionné. Si j'avais déjà entendu Raikage ou SkaldMax aborder Blut Aus Nord, je ne m'y étais jamais penché moi-même. Quel ne fut pas ma surprise de découvrir une discographie des plus colossales, comprenant pas moins de trois trilogies d'albums, plus d'autres disques "individuels", des EPs, des splits... Le "petit nouveau" que j'incarne se doit de saluer la productivité et la longévité de la carrière du groupe (plus de 20 ans, et presque autant de sorties !). Et en plus c'est des Français. Cocorico.
Quant à l'album en lui-même, il m'a d'abord déçu (eh oui !) par sa production. En fan de musique sophistiquée et progressive, j'ai l'habitude des prods lisses, propres, et précises ; j'ai trouvé la caisse claire de Memoria Vetusta II - Dialogue With The Stars plutôt molle et le mix très aigu, laissant trop de place aux guitares au détriment de la basse et du chant (surtout des chœurs en chant clairs (Disciples Libration, The Cosmic Echoes Of Non-Matter, ...The Meditant) qui sont pourtant une excellente idée). Là où Emperor ou le dernier Dissection font marquer des points au Black Metal par leurs mixages léchés, Blut Aus Nord reste légèrement en retrait ; mais est largement plus "écoutable" que la plupart des groupes de trve BM underground enregistré au magnétophone K7. Il m'a juste fallu "rentrer dedans", dirons-nous, avec un peu de difficulté donc.
En mettant cet aspect de côté, force est de constater que les compositions sont toutes excellentes. L'aspect dissonant propre au genre me gène beaucoup moins que sur le Shellac (non mais ce traumatisme !), puisqu'il est ici couplé à de nombreuses mélodies ou à des accalmies aux arrangements travaillés. Ces aspects passent bien sûr par des interludes ménagés tout aux long de Memoria Vetusta II - Dialogue With The Stars (Acceptance, Translucent Body Of Air, la middle-section de ...The Meditant) à la façon d'un Opeth ou d'un Dissection justement ; mais aussi par des moments clairement Metal qui sont marqués d'une intensité mélodique plus poignante, où la batterie sait se faire plus subtile et où les guitares leads prennent le pas élégamment. Je retiens tout particulièrement les deux dernières minutes de The Alcove Of Angels, le long riff mélodique de la fin de The Formless Sphere (dont la partie la moins sombre a même des relents d'Alcest), l'excellent final instrumental Elevation, et surtout la fin de Antithesis Of The Flesh, qui m'a étrangement rappelé Anubis de Septic Flesh dans ses intensions presque orientales.
Même si je reste toujours aussi modéré quant au Black Metal, je pense que Blut Aus Nord va rejoindre la liste très restreinte des groupes que j'apprécie vraiment dans cette mouvance. Belle découverte, malgré la remarque sur la prod. Merci Max ! :-)



La punition de Skaldmax infligée à Tang :
UlverBergtatt (1994)


Le mot de Skaldmax sur cet album :
Notre cher Tang souhaite approfondir le vieux Black Metal tout en étant rebuté par les arrangements Folk. Qu'à cela ne tienne, je suis convaincu que parfois il faut vaincre le mal par le mal (Fight Fire With Fire n'est-ce pas ?). Alors je ne saurais que trop lui conseiller de se jeter sur le premier Ulver, un disque enchanteur à mon sens qui a bien contribué à me passioner pour la seconde vague Norvégienne. Reste à savoir si le ressenti sera partagé. 

L'avis de Tang sur cet album : 
Comme je l’envisageais avec Max, sa « punition » est plutôt une agréable et enrichissante découverte pour moi... 1994, alors que Nirvana casse les charts en même temps que son frontman casse sa pipe, dans l’ombre se mijote une autre cuisine. La Norvégienne d’Ulver en est l’une des saveurs, audacieuse, avant-gardiste, osant marier instrumentation Black et chant clair, moi qui pensais ce genre d’expérimentation plus proche de nous. Me voilà subjugué par cette voix captant les sens dès les premières notes, les chœurs de Soelen Gaaer Bag Aase Need, la basse qui dénote rondement avec le reste, la coupure cinématographique incongrue au milieu de Braablick Blev Hun Vaer, enchaînant sur un plan typiquement Black, laissant néanmoins filtrer la lumière, ou encore l’acoustique incantatoire Een Stemme Locker et son brin de voix féminin(es). J’aime aussi la langue Norvégienne, participant au mysticisme qui se dégage de l’ensemble. Moins en phase avec les instants purement Black, un peu longuets, je suis quand même épaté par la prise de risque dans le contexte musical de l’époque, et ça me fait penser qu’un groupe que j’adore comme Lantlôs, a sans aucun doute été inspiré par Ulver. Je vais donc volontiers creuser la discographie, dont je comprends mieux l’aura désormais. Moralité, le mal par le mal, c'est bien. Merci Max pour ce prompt conseil !

Zbrlah (Novembre 2017)

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